L'Allier Agricole 28 janvier 2016 à 08h00 | Par M.Renaud

370 agriculteurs bourbonnais concernés par l’OUGC

Il y a quelques jours, les irrigants du département recevait par courrier leur projet d’attribution de volume d’eau pour la campagne à venir. L’illustration concrète du travail mené par la Chambre d’agriculture devenue Organisme unique de gestion collective (OUGC) des eaux dont l’intérêt sera démontré aux agriculteurs concernés mardi 2 février prochain, à Saint-Pourçain-sur-Sioule.

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Pour ne pas se laisser imposer les règles du jeu en matière d’irrigation, la profession a décidé, dans l’Allier, de prendre les devants. La Chambre d’agriculture sera, dès le début de la campagne d’irrigation 2016, Organisme unique de gestion collective (OUGC) des eaux.

D’où vient l’OUGC ?
L’histoire débute il y a plusieurs années, les différentes réunions sur la gestion de l’eau laissent présager un avenir fait de restrictions et de
contraintes : «  On sentait le vent se modifier et on comprenait que l’eau allait devenir un enjeu absolument capital dans les décennies à venir », évoque Jean-Louis Laurent, alors élu à la Chambre d’agriculture et, déjà, président du Syndicat des agriculteurs irrigants du Val d’Allier bourbonnais (Saivab). En 2006,  la Loi sur l’eau et les milieux aquatiques (Lema) permet d’organiser la répartition de l’eau, « à ce moment-là, il est alors conseillé de s’organiser et la création des différents Sage (1) augure une gestion de l’eau au niveau des bassins ». Deux ans plus tard, en 2008, la Chambre d’agriculture est désignée OUGC par le
préfet : « A partir de là un gros travail a été mené entre la Chambre d’agriculture, l’administration, le syndicalisme et les agriculteurs », évoque Nicolas Bonnefous, membre associé à la Chambre d’agriculture en charge des questions d’eau. « L’organisme unique est quelque chose de nouveau, ajoute Jean-Louis Laurent, il a fallu travailler sur un cahier des charges et le faire accepter ». En 2015, les données Dréal (2) Auvergne sur les volumes prélevables dans le département devant être réactualisées, la Chambre d’agriculture a repris la méthodologie pour en dégager une future répartition des eaux d’irrigation ».

Critères de répartition
Cette répartition, les agriculteurs l’ont reçue dans leur boîte aux lettres il y a quelques jours. En tout, ce sont près de 370 irrigants qui sont concernés pour une surface d’environ
15 000 hectares. Mais ce n’est pas sur la surface que se base l’OUCG pour attribuer les volumes :
« Nous avons pris en compte deux critères que sont les débits et les volumes maximum historiques, explique Nicolas Bonnefous. Chaque année, les agriculteurs se verront recevoir de nouveaux volumes ». Une fluctuation annuelle qui n’empêche pas l’organisme consulaire d’avoir pour ambition de « stabiliser » les volumes. Des volumes qui pourront, par ailleurs, être suspendus en cas de décision préfectorale visant à une restriction de l’usage de l’eau, comme cela a été le cas l’été dernier.

Sécurisation
En quoi cet OUGC représente-t-il une avancée pour notre
département ? « Il ne s’agit pas de parler de victoire ou non, insiste Nicolas Bonnefous. L’enjeu était, dès le départ, de sécuriser les volumes pour les agriculteurs pour qu’ils aient des perspectives plus sereines. L’OUGC nous permet de rentrer dans une démarche plus vertueuse de la gestion de l’eau et c’est de cela dont il faut se féliciter ». La sécurisation, l’argument phare de cet OUGC dans lequel les irrigants, petits et grands, peuvent se reconnaître : « L’agriculture ne se gère pas à la petite semaine, il faut des perspectives et l’assurance d’avoir un volume prélevable pour irriguer et rembourser ses investissements », condense Fabrice Siret, président de l’Association des irrigants bourbonnais (AIB).

La Chambre d’agriculture invite les irrigants a participer à une réunion d’information sur les nouvelles modalités de gestion de l’irrigation le mardi 2 février à partir de 9h30, à la Salle Mirendense à Saint-Pourçain-sur-Sioule.

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la phrase de la semaine

« Nous n’avons pas l’intention, ni les moyens d’ailleurs, de casser les filières. Ce que nous voulons, c’est revoir les cahiers des charges pour que les éleveurs soient intégrés à la négociation »

Geoffrey Rivaux, président des Jeunes Agriculteurs de l'Allier

Le chiffre de la semaine
297
producteurs recensés "Bio" dont 39 conversions en 2015 : 14 ateliers bovins viande, 13 ateliers grandes cultures, quatre ateliers légumes, deux ateliers Plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM), deux ateliers ovins, un atelier fruit et un atelier bovins lait.

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