L'Allier Agricole 13 septembre 2018 à 12h00 | Par Sophie Chatenet

À la découverte de trésors en péril

Plusieurs mois après le lancement de la mission « Patrimoine en péril », dix des dix-huit sites emblématiques ouvriront leurs portes les 15 et 16 septembre, à l’occasion des journées européennes du patrimoine.

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L’aqueduc romain du Gier, qui a subi de nombreuses dégradations, nécessite aujourd’hui une consolidation.
L’aqueduc romain du Gier, qui a subi de nombreuses dégradations, nécessite aujourd’hui une consolidation. - © AA DR

Dix-huit projets emblématiques, répartis sur tout le territoire national, en métropole comme en outre-mer, ont été désignés porte-drapeaux de la mission « Patrimoine en péril », pilotée par Stéphane Bern. Dix d’entre eux seront ouverts au public, ce week-end.

Aqueduc romain du Gier (Rhône)

L’aqueduc romain du Gier, niché dans la vallée du Bozançon, doit son nom aux sources du Gier - affluent du Rhône - où il a longtemps puisé son eau. Édifié entre les Ier et le IIe siècles, il permettait l’alimentation en eau de la ville antique de Lugdunum. Long de quelque 86 kilomètres, l’aqueduc traverse vingt-trois communes et s’érige en cela comme l’une des plus importantes réalisations romaines dans le domaine hydraulique.

Château de Bussy-Rabutin (Côte d’Or)

Le château de Bussy-Rabutin, de style Renaissance, a été construit au XVIe siècle avant d’être aménagé, au XVIIe, par Roger de Bussy-Rabutin, général des armées royales de Louis XIV et cousin de Madame de Sévigné. Il est restauré par le comte de Sarcus dans les années 1830, et ce dernier obtient son classement au titre des monuments historiques dès 1862, inaugurant la protection nationale des propriétés privées. Racheté par l’État en 1929, et géré par le Centre des monuments nationaux, le domaine fait l’objet d’importants travaux de restauration depuis les années 1970.

Hôtel-Dieu de Château-Thierry (Aisne)

L’Hôtel-Dieu est créé en 1304 par Jeanne de Navarre. Longtemps dirigé par une communauté de religieuses, pauvres, pèlerins, vieillards et malades viennent y trouver refuge. L’établissement connaît son âge d’or à la fin du règne de Louis XIV grâce à la générosité de mécènes qui le dotent de somptueux objets d’art. Lorsque l’hôpital quitte les locaux de l’Hôtel-Dieu, en 1982, ces œuvres d’art, placées dans les greniers, sont redécouvertes, restaurées et présentées dans les salles réaménagées de l’ancien complexe hospitalier.

Château de Carneville (Manche)

Le domaine de Carneville forme un exemple complet de l’architecture rurale du Cotentin entre le XVIIe et le XXe siècle. Façonné au fil des siècles par ses différents propriétaires, il se compose d’un premier manoir (1640), du manoir des Anoteux (1699), d’une boulangerie (1725), du logis principal édifié en 1755 et reconstruit depuis, ainsi que d’un parc de 7 hectares présentant une mosaïque de jardins (austral, asiatique, à l’anglaise, roseraie, etc.).

Hôtel de Polignac (Gers)

Place forte commerciale et aristocratique au XVIIIe siècle, la ville de Condom possède en son sein de nombreux hôtels particuliers. Parmi ceux-ci, l’hôtel de Polignac, édifié entre 1773 et 1777, est bâti sur un plan entre cour et jardin. L’hôtel comporte des détails architecturaux manifestant l’émergence à cette époque du style néoclassique (grandes baies cintrées du rez-de-chaussée, colonnes ioniques cannelées, avant-corps couronné d’un grand fronton triangulaire etc.).

Rotonde de Montabon (Sarthe)

Construite en 1890, la rotonde de Montabon était, au début du XXe siècle, un composant important de la ligne Paris-Bordeaux du réseau de l’État. Victime des bombardements de la guerre de 1939-1945 et de la modernisation des réseaux SNCF, le site a fermé en 1954. Laissé à l’abandon, un particulier l’acquiert en 2009, le sauvant ainsi d’une destruction programmée par la SNCF. Sur un site de 10 000 m², le bâtiment semi-circulaire de 2 500 m² comporte di voies intérieures desservies par un pont tournant de 24 mètres raccordé au réseau national SNCF.

Domaine de Maison-Rouge (La Réunion)

Édifié au XVIIIe siècle, le domaine de Maison-Rouge est voué à la production de café à partir de 1724. Il abrite la famille Desforges Boucher, liée à la culture du café. Cette culture perdure jusqu’en 1896, mais est progressivement remplacée, à partir du premier tiers du
XIXe siècle, par celle de la canne à sucre. Une unité de production de sucre est alors construite. La production cesse au tout début du XXe siècle.

Villa Viardot (Yvelines)

La villa Viardot est l’une des plus anciennes propriétés de Bougival (1830). En 1874, Ivan Tourgueniev et le couple Louis et Pauline Viardot achètent le domaine des Frênes et sa villa néo-palladienne qui surplombent la Seine. L’écrivain russe et le couple Viardot en font un lieu de foisonnement intellectuel qui célèbre les idées pacifistes et l’amitié franco-russe.

Habitation Bisdary (Guadeloupe)

En 1704, les Jésuites acquièrent le site - qui dépendait, jusqu’en 1671, des terres de Charles Houël, seigneur de la Guadeloupe - et créent une sucrerie. La demeure de Bisdary s’étend alors sur près de 250 hectares et compte plus de 300 esclaves. Lors de l’attaque anglaise de 1759, les bâtiments sont incendiés. Ne pouvant faire face aux dépenses de réparation, les Jésuites vendent la propriété. En 1783, un nouvel incendie détruit une partie des bâtiments, puis passent les ouragans de 1816 et de 1825. Désormais propriété de la commune de Gourbeyre, seuls cinq bâtiments de l’habitation Bisdary, témoins du passé industriel et colonial de la
Guadeloupe, subsistent.

Théâtre des Bleus de Bar (Meuse)

Construit en 1900, soit douze ans avant le prestigieux Théâtre des Champs-Élysées, cette première salle à l’italienne faite de béton armé a été érigée à l’initiative d’un commerçant de Bar-le-Duc passionné de théâtre. Sous sa direction, de prestigieux spectacles parisiens sont programmés, comme ceux de la Comédie-Française. Au cours du XXe siècle, il devient d’abord un foyer de « Poilus » de la Première Guerre mondiale, avant d’être occupé par les Allemands dans les années 1940 et par les Américains à la Libération. Après quoi, faute de moyens, le rideau se baisse et le lieu devient un centre d’entraînement de gymnastique jusqu’en 2000.

Sophie Chatenet

Un loto du patrimoine

La Française des Jeux propose depuis le 3 septembre 2018 :
Un super loto « Mission patrimoine », à l’identique des « super loto » du vendredi 13, disponible dans les 30 800 points de vente FDJ et en ligne (mise 3 euros), pour tenter sa chance pour le jackpot exceptionnel « Mission patrimoine » de 13 millions d’euros du vendredi 14 septembre 2018, veille des Journées européennes du patrimoine. Parallèlement, un jeu de grattage « Mission patrimoine » a été décliné en 3 versions sur lesquelles apparaîtront 13 sites emblématiques, distribué à 12 millions d’exemplaires et en ligne. La mise, d’un montant de 15 euros, offrira la chance de gagner jusqu’à 1,5 million d’euros, soit le plus haut niveau de jackpot proposé par un jeu à gratter. Sur le total des mises des jeux « Mission patrimoine », 15 à 20 millions d’euros correspondant à la part des mises revenant habituellement au budget général de l’État, seront affectés à un fonds spécifique de la Fondation du patrimoine.



 

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