L'Allier Agricole 11 avril 2019 à 12h00 | Par L'ALLIER AGRICOLE

Adaptation aux évolutions climatiques : pas de recette miracle mais une approche système

Les évolutions climatiques et la nécessaire adaptation des agriculteurs étaient au menu de la table ronde des Jeunes Agriculteurs de l’Allier, jeudi 4 avril dernier, à Saint-Prix.

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- © JA03

Nul besoin d’être climatologue pour constater les évolutions climatiques dans les exploitations agricoles. La bonne nouvelle c’est que les agriculteurs sont déjà en train de s’adapter à cette nouvelle réalité. À l’occasion de l’assemblée générale des Jeunes Agriculteurs de l’Allier, jeudi 4 avril dernier à Saint-Prix, la relève du syndicalisme agricole Bourbonnais s’est demandé « comment faire face aux évolutions climatiques ». Éléments de réponse.

Autour de la table : Franck Doriat, responsable de l’Unité élevage, bâtiment et machinisme à la Chambre d’agriculture de l’Allier, Amélie Bouchant, conseillère alimentation fourrage, en charge du projet AP3C pour l’Allier et Yannick Girin, trésorier des JA Aura agriculteur installé sur les Monts du Beaujolais (Rhône) au sein d’une structure de trois associés sur une production lait (Prim’Holstein), viande bovine (charolais croisé limousin), des céréales auto-consommés et une partie transformation et vente à la ferme.

Méditerranéisation du climat du Massif-Central

Sur son exploitation, Yannick Girin observe des évolutions climatiques « depuis 4/5 ans avec un climat méditerranéen qui est clairement remonté sur nous ». Son exploitation, naguère, relativement préservée en matière de sécheresse et manque d’eau est aujourd’hui touchée de plein fouet, si bien qu’un projet d’irrigation est en marche sur son exploitation. Cette Méditerranéisation du climat du Massif-Central est l’une des grandes conclusions du projet AP3C (*) (Adaptation des pratiques culturales au changement climatique), initiée par Copamac/Sidam, dont les résultats complets, issus de l’analyse de trois millions de données glanées sur 100 stations météos du Massif-Central, seront rendus à la fin de l’année.  « Dans les années à venir, on s’expose à plus de jours chauds, une précocité des saisons chaudes avec un risque de gel tardif ou précoce qui subsiste », décrit Amélie Bouchant. Côté précipitation, cette étude n’annonce pas forcément moins de pluie mais un certain chamboulement : « Il ne pleuvra, à priori, pas moins mais ces pluies seront différemment réparties et ne tomberons pas toujours au moment où nous en avons le plus besoin. Et surtout, nous constatons une accentuation des averses et des orages. »

Un équilibre fauche-pâture remis en cause

Partant de ce constat, comment s’adapter au mieux ? « On voit bien que l’équilibre fauche-pâture est remis en cause. Mais il n’existe cependant aucune solution clef en main. Il s’agira bien de réfléchir au cas par cas », résume Franck Doriat qui exhorte les agriculteurs présents dans la salle à « adopter une démarche sur l’ensemble de son système en se laissant le temps de la réflexion ».

Pour ce qui est, de la gestion de l’herbe, Amélie Bouchant ne saurait que trop conseiller « d’optimer chaque fenêtre de fauche et d’en réaliser afin de réaliser de meilleurs stocks ». Réaliser plusieurs fauches, Yannick Girin le fait depuis plusieurs années sur son exploitation. Un moyen de sécuriser son affouragement et ses stocks.

Sécuriser son affouragement le plus possible

Sécurisation. Voilà bien un maître mot en matière de gestion des risques. Depuis trois ans, Yannick Girin assure ses prairies. Une solution qui a ses limites « dans la mesure où les assurances se basent sur la moyenne quinquennale et que les trois dernières années ne nous ont pas épargnées ».

Créativité

A l’heure où « on ne pourra plus se permettre de gaspiller le moindre brin d ‘herbe », il faudra aussi faire preuve de créativité. Pourquoi pas, par exemple, « remplacer un peu la composition des litières pour faire de la paille avec des copeaux de bois ou de céréales pour que le foin aille seulement à l’alimentation », se demande Franck Doriat.

 

(*) Le projet AP3C ( pour Adaptation des Pratiques Culturales au Changement Climatique) initié en 2015 répond à un besoin d’explication du changement climatique, de mise à disposition d’informations claires sur les impacts agricoles du changement climatique et d’identification des voies d’adaptation. Il doit répondre aux attentes des agriculteurs : permettre une adaptation des exploitations en faisant la démonstration que des solutions techniques existent.


Communiquer encore et toujours

Deux semaines après la démission de Jérémy Decercle, ex président des JA, pour entrer dans la liste LREM pour les Européennes, Geoffrey Rivaux, président des JA 03 rappelle « son respect pour l’homme (…) sans pour autant approuver sa décision ».

Les Jeunes Agriculteurs de l’Allier peuvent se féliciter de s’investir dans des événements qui savent capter l’attention du public. Ces événements ont aussi pour objectif de communiquer positivement « agribashing » ambiant.

 

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