L'Allier Agricole 27 février 2019 à 11h00 | Par CHAMBRE D’AGRICULTURE DE L’ALLIER

Captages prioritaires de l’Allier

Après 5 années de mise en œuvre d’actions agricoles sur les captages prioritaires du département de l’Allier, l’heure est au bilan et à la réflexion sur le futur de ces territoires

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- © @baptistletocart

Les captages prioritaires

Le dispositif des captages prioritaires est issu du Grenelle de l’Environnement de 2009. Suite à sa création, 500 captages ont été classés dans ce dispositif au niveau national, dont 10 dans le département de l’Allier*.

Ces captages ont été considérés comme prioritaires, soit vis-à-vis de leur position stratégique pour l’alimentation de la population en eau potable, soit du fait de problèmes de pollution par les nitrates et/ou les produits phytosanitaires.

L’objectif de ce dispositif est de mettre en place des actions agricoles et/ou non agricoles sur les territoires des captages concernés afin d’améliorer et/ou de prévenir la dégradation de la qualité des eaux potables.

Le contrat territorial 2014-2018

Pour répondre à ces objectifs de préservation ou d’amélioration de la qualité de la ressource, un Contrat Territorial, co-porté par la Chambre d’agriculture et le Syndicat Mixte des Eaux de l’Allier (SMEA), a été mis en place sur les captages prioritaires de l’Allier en 2014. Le contrat territorial est un outil financier de l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne (AELB) permettant d’accompagner la mise en place d’actions sur des territoires à enjeux eau ou biodiversité.

Pendant 5 ans, de 2014 à 2018, des actions, basées sur le volontariat, ont été proposées aux agriculteurs de ces territoires. Ces actions ont eu pour but d’accompagner les agriculteurs dans l’adaptation et l’évolution de leurs pratiques afin de limiter les pollutions diffuses par les nitrates et les produits phytosanitaires.

Le bilan des 5 ans d’actions

En 2018, le contrat territorial arrivant à son terme, une étude bilan a été réalisée par le bureau d’étude SCE, afin de juger de l’impact des actions mises en œuvre et de leur pertinence.

Au niveau de la qualité des eaux, la situation est aujourd’hui satisfaisante sur 6 captages, en ce qui concerne la problématique nitrates. Sur les 4 autres captages, on observe, soit une tendance à la hausse des teneurs en nitrates, soit des dépassements chroniques des seuils de potabilité.

Pour le paramètre phytosanitaire, depuis 2016, de nouvelles molécules de dégradation de produits herbicides, a fait apparaître des problèmes récurrents de dépassement des seuils de potabilité sur la quasi-totalité des captages. Ce problème concerne essentiellement les molécules de dégradation du S-métolachlore, molécule herbicide principalement utilisée en pré-levée sur maïs.

La situation n’est donc parfaitement satisfaisante sur aucuns des captages et les objectifs en termes d’amélioration de la qualité de l’eau n’ont pas tous été atteints.

Au niveau du programme agricole, les actions mises en œuvre ont été jugées pertinentes au vu des enjeux initiaux. Cependant les moyens et les ambitions des actions ont été jugés insuffisants pour atteindre les objectifs fixés en termes de qualité de l’eau. Les actions ayant été essentiellement orientées vers de l’optimisation des pratiques (fertilisation et traitements phytosanitaires) et non vers des changements de pratiques ou de systèmes d’exploitations.

Élaboration d’un nouveau contrat territorial

Au vu de la situation sur les captages prioritaires, la mise en place d’un nouveau programme d’actions agricoles est ainsi jugée pertinente. La Chambre d’agriculture s’est donc engagée, aux côtés du Smea, dans un travail d’élaboration d’un nouveau contrat territorial.

Pour qu’un nouveau programme d’actions soit reconduit sur ce territoire et validé par l’Agence de l’eau Loire-Bretagne (le financeur), il se doit d’être pertinent et plus ambitieux que celui proposé sur la période 2014-2018. En plus de l’optimisation technique, les actions proposées, et donc l’accompagnement des agriculteurs, devront se faire dans un objectif d’adaptation des pratiques et des systèmes existants sur ces territoires, la simple optimisation ayant montré ses limites sur les 4 captages encore problématiques.

Des réunions de travail ont été organisées à l’automne 2018 afin d’évoquer le futur programme d’actions avec les agriculteurs des captages les plus sensibles. L’objectif de ces réunions étant d’impliquer les agriculteurs dans la réflexion autour des actions à mettre en place à partir de 2020. Les taux de participation à ces réunions ont été très variables d’un secteur à l’autre, montrant un manque de prise de conscience de certains agriculteurs. Malheureusement, pour que la démarche volontaire mise en œuvre soit efficace, il est indispensable que l’ensemble des agriculteurs concernés s’impliquent. Le travail mené par le plus grand nombre pouvant être mis à mal par les pratiques de quelques-uns.

Il faut rappeler que, pour le moment, les démarches mises en œuvre ont toujours été basées sur le volontariat, mais qu’en cas de non atteinte des objectifs, des dispositifs réglementaires très contraignants pourraient être mis en place par l’État. Rappelons que, dans d’autres départements, la piste de la sortie de l’agriculture, comme solution aux problèmes de pollution sur les captages prioritaires a été envisagée.

*Le Chambon à Saint-Rémy-en-Rollat, Les Mottes et le Marquisat à Paray-sous-Briailles, Pont-de-Chazeuil à Varennes-sur-Allier, Les Paccages à Contigny, Pont-de-Châtel à La Ferté-Hauterive, l’Hirondelle à Bessay-su-Allier, Les Drives à Trévol, Port-Saint-Aubin à Dompierre-sur-Besbre et Les Terriens à Gannay-sur-Loire.

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