L'Allier Agricole 07 mai 2015 à 08h00 | Par M.Renaud

Cultures d’hiver et semis de printemps, où en est-on ?

Malgré des conditions d’ensemencement humides, les cultures d’hiver connaissent un bon développement. Les semis de printemps touchent, quant à eux, à leur fin.

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Les beaux jours (presque) revenus, le temps est venu de s’atteler aux cultures de printemps en n’oubliant pas de surveiller le développement de celles d’hiver. Le point avec Mickaël Bimbard, technicien à la Chambre d’agriculture.

Les cultures d’hiver
• Le colza
Condition de semis : le vieil adage paysan qui dit « un quintal de plus par jour de floraison » sera-t-il vérifié cette année ? Le colza est, en ce moment, en pleine floraison et vient d’atteindre le stade de la chute des premiers pétales, « il est d’ailleurs temps de positionner les traitements contre le sclérotinia », note le professionnel. Les colzas ont été semés fin août/début septembre sur une surface quasiment équivalente à celle des années précédentes. « Nous avons constaté des soucis sur le plan hydromorphique dans certaines zones en terres argileuses notamment. Ces problèmes ont été compensés par des mois de février et mars plus secs permettant de limiter la casse. La reprise de la végétation s’est faite sur une pluviométrie normale et tout est rentré dans l’ordre ».
Pression sanitaire : durant l’automne, le charançon du bourgeon terminal a causé des dégâts notables sur certaines parcelles, et ce, malgré une intervention spécifique. Au printemps, le charançon de la tige a été parfaitement maîtrisé grâce à des captures massives et groupées. Enfin, le méligèthe n’a pas atteint le seuil de pression fixé et n’a, par conséquent, pas fait l’objet de traitement.
• Les céréales à paille
Condition de semis : en blé, les semis ont été considérablement étalés puisqu’ils ont démarré fin septembre pour ne se terminer qu’au 15 décembre. Certains semis n’ont même pas pu se dérouler. « Les ensemencements ont eu lieu dans de très bonnes conditions en Sologne et en Bocage et se sont terminés au 20 octobre. La situation a été beaucoup plus délicate en Forterre et Limagne, la faute à des conditions extrêmement humides au mois de novembre qui ont considérablement retardé les chantiers ». Les orges, blé et triticales ont aussi eu à composer avec ces mauvaises conditions en Forterre et Limagne. Aujourd’hui, les orges en sont au stade épi, les blés et les triticales varient entre deux nœuds et sortie des dernières feuilles.
Pression sanitaire : depuis plusieurs années, des cas de viroses sur orges sont constatés, « principalement sur les céréales plantées tôt qui lèvent très vite ne laissant pas le temps au produit de devenir actif. Sur certaines parcelles, cela représente un réel problème ».  En blé et orge, les risques liés au piétin-verse sont dépassés alors que la septoriose du blé risque de se manifester avec les récentes pluies. La rouille jaune, fréquente sur les blés et les triticales, sera plus susceptible d’apparaître sur des variétés sensibles conduisant à déclencher des traitements spécifiques.

Les semis de printemps
• Le maïs
État des semis : 90 % du maïs sont aujourd’hui semés puisque les emblavements ont commencé début avril dans le département et les premières plantes semées en sont au stade deux feuilles. « Encore une fois, les semis dans les terres sableuses du nord du département se sont déroulés dans de très bonnes conditions avec une humidité idéale dans le lit de semence. Dans les terres grasses de Limagne et Forterre, les semis ont dû composer avec des terres très collantes en dessous et sèches en surface ».
Pression sanitaire : en ce début de campagne, la menace des corbeaux est bien présente. La Chrysomèle de maïs n’est plus l’insecte à abattre puisque sortie de quarantaine. Le parasite doit donc être surveillé au même titre que la pyrale.
• Le tournesol
État des semis : les semis touchent eux aussi à leur fin dans des conditions comparables à celles du maïs. Les surfaces, quant à elles, semblent être à la hausse, le technicien avance deux explications à cela : « les blés qui n’ont pas pu être ensemencés à temps sont remplacés par du tournesol. Par ailleurs, on constate clairement un effet Pac puisqu’une troisième culture doit être ajoutée dans le cadre de la diversité des assolements ».
Pression sanitaire : les oiseaux nourrissent une réelle appétence pour les tournesols et représentent à ce titre une menace potentielle.
• Les pois et le soja
Les pois sont déjà semés et les semis de soja sont en attente d’un bon réchauffement des sols. Là aussi, on note une hausse des assolements.

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« Nous n’avons pas l’intention, ni les moyens d’ailleurs, de casser les filières. Ce que nous voulons, c’est revoir les cahiers des charges pour que les éleveurs soient intégrés à la négociation »

Geoffrey Rivaux, président des Jeunes Agriculteurs de l'Allier

Le chiffre de la semaine
297
producteurs recensés "Bio" dont 39 conversions en 2015 : 14 ateliers bovins viande, 13 ateliers grandes cultures, quatre ateliers légumes, deux ateliers Plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM), deux ateliers ovins, un atelier fruit et un atelier bovins lait.

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