L'Allier Agricole 07 décembre 2016 à 08h00 | Par M.Renaud

Dans la tête de deux futurs installés

Avec 72 installations aidées en 2016, l’Allier retrouve sa moyenne et prend le contrepied des autres départements de la région qui affichent une tendance baissière. Pour aider les agriculteurs de demain à s’y retrouver dans le parcours, pas toujours évident, de l’installation, les Jeunes agriculteurs de l’Allier les invitent au Forum de l’installation. Nous y avons suivi deux jeunes hommes qui projettent de s’installer sous deux ans.

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Ils ont à peine en âge de voter, pourtant ils ont un projet déjà bien ancré dans leurs têtes. Des dizaines de jeunes des établissements scolaires du département ont pris part au dernier Forum de l’installation, organisé à l’initiative des Jeunes agriculteurs de l’Allier.

Le BTS, puis l’installation

Parmi eux, Jules et Guillaume, tous deux élèves en première année de BTS Acse (Analyse, conduite et stratégie de l’entreprise agricole) au lycée agricole de Neuvy. Deux jeunes hommes âgés de 18 ans, titulaires d’un Bac STAV (Science et technologie de l’agronomie et du vivant) qui ont l’idée fixe de s’installer très prochainement.

« Patienter une année de plus avant de s’installer, cela leur paraît tellement énorme alors qu’ils attendent cela depuis toujours »

Claire Rappeneau, professeure à Neuvy

Deux garçons au projet commun mais aux envies divergentes. Guillaume est fils d’agriculteur, son père étant céréalier à Agonges. Mais « pour éviter les embrouilles », il souhaite s’installer seul « pas trop loin de l’exploitation de [mon] père en culture céréalière » avec pour intention de monter « un poulailler Label, ou bio ». Jules n’est pas fils d’agriculteurs mais a « un oncle installé en bovins allaitants limousin à Saint-Clément » avec lequel il travaille déjà. Son dessein est déjà bien affiné puisque « cela fait environ deux ans qu’on réfléchit ensemble pour la création du Gaec ».

« Encore un peu abstrait »

Au fil des stands représentant les cases incontournables du parcours à l’installation (*), ils écoutent et apprennent les missions et les propositions des partenaires de l’installation. A la fin de la matinée, c’est un peu sonné par cette foule d’informations qu’ils viennent de recevoir qu’ils livrent leurs impressions. Guillaume a « appris plein de chose même si tout cela paraît encore abstrait ». Jules sait quant à lui que « c’est une sécurité de s’installer sur une exploitation qui fonctionne ». Et quand on leur dit que « le parcours à l’installation est semer d’embûche, que le projet doit être crédible à moyen à long terme », Guillaume choit d’être optimiste : « Si c’est ce qu’on aime et ce qu’on veut faire … ».

« Un jeune qui s’installe doit pouvoir
avoir un projet viable et vivable
».

Geoffrey Rivaux, président des Jeunes agriculteurs de l'Allier

Optimiste, Geoffrey Rivaux, président des Jeunes agriculteurs de l’Allier l’est aussi. Doublé d’un sens du réaliste : « L’installation des jeunes, c’est un équilibre. Un jeune qui s’installe doit pouvoir avoir un projet viable et vivable. Ce que nous vous demandons, c’est de bien réfléchir, de ne pas de se jeter tête baissé dans la bataille, de ne pas hésiter à prendre du temps ». Même conseil de la bouche de Richard Moine, secrétaire général de la Chambre d’agriculture en charge des questions d’installation : « Il est nécessaire de prendre son temps, avoir d’autres expériences, regarder ailleurs et prendre du recul avant de s’engager dans ce qui est un choix de vie ». Cette préconisation, certains jeunes la suivront, d’autres non. Pour Claire Rappeneau, professeure de SESG (Sciences économiques sociales et de gestion) et de zootechnie à Neuvy qui côtoie les élèves chaque jour, tous n’ont pas la force d’attendre : « Une année, cela leur paraît tellement énorme alors qu’ils attendent cela depuis toujours ».

Apprendre à gérer

C’est pour leur remettre les pieds sur terre que leurs ainés partagent leurs expériences : « Etre agriculteur, ce n’est pas être sur son tracteur et le boulot est fait … ce n’est pas tout à fait ça », assure Loïc Dutheil, l’un des quatre témoignages de jeunes agriculteurs installé. Son co-pilote du jour, Bastien Laprugne pense utile de rappeler l’importance du BTS, « deux années qui permettent d’approfondir un peu plus les résultats et d’apprendre à gérer ».

Quant aux deux compères, ils sont plus que jamais déterminés à s’installer sous deux ans. Tout ce qu’ils viennent d’entendre les « fait réfléchir, c’est vrai », mais après tout, glissent-ils, tour à tour,  avec une nonchalance toute adolescente : « On verra bien ! »

(*) Les organismes présents étaient : la Chambre d’agriculture de l’Allier, la Direction départementale des territoires (DDT), le Crédit Agricole Centre France (CACF), Groupama Rhône Alpes Auvergne, la Safer Auvergne, le CerFrance Terre d’Allier, la MSA Auvergne, la Banque Populaire Massif Central (BPMC), le Crédit Mutuel Massif Central (CMMC), la Fédération des Cuma de l’Allier et la fédération des coopératives de l’Allier, le Service de remplacement départemental Allier (SR03), les Jeunes Agriculteurs de l’Allier (JA03).

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