L'Allier Agricole 15 décembre 2015 à 08h00 | Par M.Renaud

« Dans un monde incertain, complexe et agile, le changement c'est la vie ! »

Ce sont les éleveurs eux-mêmes qui ont bâti l'édifice performant de la génétique des ruminants, c'est aujourd'hui à eux de s'approprier les mutations qu'entraînera, dès 2016, le projet de règlement zootechnique européen concernant la mise en marché des reproducteurs et de leur matériel de reproduction (semence, ovules et embryons).

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Pour mettre les éleveurs présents à l'assemblée générale d'Elva Novia face à leurs responsabilités, Stéphane Devillers, responsable du service juridique chez Allice(*) n'y va pas avec le dos de la cuillère. S'il vante à tout va « la richesse incroyable de la France en matière de génétique bovine », il invite les éleveurs à prendre le train en marche pour se payer, eux aussi, une part du gâteau des marchés mondiaux du lait et de la viande en croissance constante : « Vous  n'évoluez pas dans un secteur où la part se réduit, au contraire puisqu'il faudra bientôt nourrir neuf milliards d'individus. Cependant, vous ne devez pas considérer l'excellence génétique comme un confort », assène le juriste volontairement provocateur.

Aspects zootechniques
La cartographie des organismes du dispositif génétique française est aujourd'hui en passe d'être remise en cause par le Règlement zootechnique européen, texte proposé par la Commission européenne en février 2014 qui devrait être adopté d'ici la fin de l'année prochaine. Ce texte qui vise à se substituer à l'ensemble des directives existantes à ce jour dans le domaine de la génétique, se limite strictement aux aspects zootechniques. Il concerne essentiellement la gestion des livres généalogiques, la mise en oeuvre des programmes de sélection, le contrôle des performances, l'évaluation génétique et la publication des valeurs génétiques. Il couvre les espèces ovine, bovine, caprine, porcine et équine.


Breeding societies
Ce dispositif est construit autour des Breeding societies (Bsue), des structures « multifonctionnelles » agréées par un État membre pour assurer ou faire assurer la tenue du livre généalogique, la conduite d'un programme de sélection, l'évaluation génétique, et pour fixer les règles de publication des valeurs génétiques des reproducteurs.

Cela change tout !
« En nous le présentant, on avait pris soin de nous dire que cela ne changerait rien, mais c'est parfaitement faux », martèle l'expert. Ce texte complexe conduit, selon France génétique élevage à « passer d'un système encore assez fortement administré à un système basé essentiellement sur la contractualisation ». Stéphane Devillers a exhorté les éleveurs français à tirer avantage de cette réforme  communautaire pour conforter leur maîtrise collective de la génétique française des ruminants, en insistant sur le danger d'une « uberrisation » de la génétique bovine nationale à la faveur d'une éventuelle arrivée d'un acteur privé capitalistique sollicitant son agrément d'organisme de sélection versus communautaire.


(*) L'Union nationale des coopératives agricoles d'élevage et d'insémination animale (Unceia) est depuis le début d'année connue sous le nom d'Allice.

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la phrase de la semaine

« Nous n’avons pas l’intention, ni les moyens d’ailleurs, de casser les filières. Ce que nous voulons, c’est revoir les cahiers des charges pour que les éleveurs soient intégrés à la négociation »

Geoffrey Rivaux, président des Jeunes Agriculteurs de l'Allier

Le chiffre de la semaine
297
producteurs recensés "Bio" dont 39 conversions en 2015 : 14 ateliers bovins viande, 13 ateliers grandes cultures, quatre ateliers légumes, deux ateliers Plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM), deux ateliers ovins, un atelier fruit et un atelier bovins lait.

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