L'Allier Agricole 03 novembre 2016 à 08h00 | Par M.Renaud

Des « fonds de rayon » au « Cœur de gamme »

Jean-Pierre Fleury, président de la Fédération nationale bovine (FNB) écume les départements pour expliquer ce qu’est le « Cœur de gamme » à des « éleveurs qui ont besoin de comprendre ce qui est en train de se passer ». Il était, mardi 25 septembre dernier, à Saint-Pourçain-sur-Sioule répondant à l’invitation de la FNSEA 03.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
- © AA

L’Allier Agricole : Ce que vous nommez « Cœur de gamme » existe depuis toujours sous la forme de gamme intermédiaire, celle du milieu de rayon. Pourquoi ce combat pour lui attribuer un cahier des charges ?
Jean-Pierre Fleury : Avant de répondre à cette question, une petite mise au point s’impose.  Personne ne l’ignore, le secteur laitier a eu à traverser la fin des quotas laitiers. Conséquences directes : une complète dérégulation du secteur et un ajustement nécessaire des cheptels laitiers. En chiffres, cela donne un million de vaches laitières sur le marché de la viande, soit
350 000 tonnes de viande en plus. Par ailleurs, nous constatons depuis trois ans une disparition progressive de la gamme intermédiaire. Les « fonds de rayon » comme on dit dans le jargon, avaient tendance à se réduire pour laisser plus de place aux premiers prix et au premium, alors que la grande distribution oubliait un peu de faire la distinction entre vaches laitières et allaitantes.

Cette conjonction de facteurs a donc peu à peu entraîné la réduction des rayons
« Cœur de gamme », d’où votre mobilisation sans précédent. Mais qu’attendez-vous exactement ?
Ce que nous voulons, c’est déjà remettre de l’ordre dans la présentation des rayons pour que le consommateur y voit plus clair. Nous avons ensuite établi un cahier des charges tout à fait spécifique. Nous avons deux objectifs : d’abord, acter le coût de production défini par rapport aux fermes de référence et ensuite redonner de la valeur au produit.



« Ce que nous voulons, c’est déjà remettre de l’ordre dans la présentation des rayons »



Convaincre les enseignes n’a pas été une mince affaire. On se souvient du bras de fer engagé avec Carrefour …
Système U a adhéré presque immédiatement, il s’agissait pour eux d’une stratégie marketing. Pour Carrefour, cela a été plus compliqué et je suis convaincu que c’est quand on leur a fait comprendre qu’ils étaient arrivés au bout de leur système « Filière qualité Carrefour » qu’ils ont décidé de s’engager. Leclerc a démarré les abattages cette semaine (la semaine dernière, NDLR) Intermarché a signé, Casino va signer. Il reste Auchan et Cora pour ne parler que des enseignes emblématiques.

Comment être certain que les éleveurs soient enfin considérés et obtiennent une revalorisation des prix ?
Le principe absolu du « Cœur de gamme » est de rémunérer les éleveurs à leurs coûts de production. Nous sommes en train de créer une association qui jouera le rôle d’arbitre en vérifiant que l’éleveur est bien rémunéré selon ce principe.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Allier Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui