L'Allier Agricole 09 novembre 2015 à 08h00 | Par M.Renaud

Du colostrum à l’hygiène, il ne faut rien négliger

En choisissant le thème « Élevage des génisses, un pari sur l’avenir », les professionnels ont fait le choix d’ouvrir le débat sur cette période cruciale des six premiers mois de vie, mercredi 4 novembre dernier lors de la journée départementale laitière. Et puisque les génisses d’aujourd’hui sont les vaches de demain, mieux vaut ne pas se louper sur ses choix.

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Prendre soin de ses génisses, cela commence par les premières heures et par les premiers repas. « Le colostrum de la première traite est un produit riche en matière grasse et en protéine. Idéalement, la génisse doit boire deux litres dans les deux heures puis deux litres dix-douze heures après », attaque d’emblée David Plouzin, responsable de la ferme des Trinottières. Par la voix d’Amandine Micaud (GDS) et de Jérôme Chantreau  (Groupement technique vétérinaire), le colostrum est également vanté pour ses vertus sanitaires : « Le colostrum, c’est de l’eau, de l’énergie, des vitamines, des minéraux, des cellules immunitaires, des hormones … Bref, on peut considérer le vêlage terminé seulement quand le colostrum est bu ».

Six repas/semaine

Une fois les premiers jours de vie passés, il convient ensuite de délivrer une alimentation adaptée aux animaux. David Plouzin propose de passer à six repas de lait par semaine, précisant « qu’en l’absence de lait, les veaux compensent par le concentré dont la consommation augmente avec la suppression d’un jour de lait par semaine ». Ce choix permet d’économiser 90 litres de lait par semaine, soit du temps gagné pour l’éleveur « pour des animaux en aussi bonne santé ».

Sevrage précoce
L’expert préconise en plus de ces six repas par jour, un sevrage précoce (à huit semaines) : « Ces deux méthodes combinées simplifient le travail de l’éleveur, limitent les problèmes sanitaires et permettent de bons résultats techniques tout en réduisant le coût alimentaire ». Cependant, David Plouzin préfère rester prudent et annonce que « si toutes les conditions ne sont pas réunies, un compromis entre ces deux techniques est conseillé à savoir : un repas par jour à partir de la troisième semaine et un sevrage à partir de 9-10 semaines ».

Hygiène
Tous ces conseils seraient vains sans une bonne hygiène et des logements adaptés : « Entre deux passages de veaux, il est nécessaire de curer, nettoyer, désinfecter… », commente Jérôme Chantreau, vétérinaire.

Le risque parasitaire
Une bonne hygiène permet notamment d’éloigner le risque parasitaire et les maladies dites « opportunistes » comme la coccidiose et la cryptosporidiose, deux formes de diarrhée. « La coccidiose se manifeste par une diarrhée noirâtre, elle pénalisera la croissance si elle n’est pas traitée grâce aux sulfamides, au Décoquinate ou au Toltrazuril, commente David Plouzin. En revanche, la  cryptosporidiose ne pourra pas être vraiment traitée, il sera donc nécessaire de faire de la prévention en plaçant les animaux dans des locaux propres et
secs ».

Le génotypage, science de la précision
Maîtriser les six premiers mois de ses génisses, c’est bien, définir chez nos animaux d’élevage les caractéristiques d’une variation génétique du génome dans son ensemble, c’est encore mieux. Pascal Quignard, responsable produit lait chez Elva Novia, présentait le génotypage comme une combinaison gagnante entre une évaluation plus précise, des accouplements plus précis, un progrès génétique plus rapide et des animaux correspondant aux objectifs. « Le génotypage est conçu pour tous les éleveurs qui ont envie d’avoir le choix ».

Karelle Tourret, conseillère à la Chambre d’agriculture, proposait un point sur la transformation fromagère à la ferme : « Sachez qu’avec un atelier de remise directe, vous ne pouvez vendre qu’au consommateur final, soit à la ferme, soit sur les marchés. En revanche, avec un atelier de dérogation, vous pouvez livrer des intermédiaires en quantité limitée dans un rayon de 80 kilomètres ». L’atelier de transformation doit ainsi disposer : d’un sas d’entrée, d’une salle de fabrication, d’un local de nettoyage du matériel, d’un local fermé, propre et sec pour le stockage des  emballages, d’espaces pour le séchage et l’affinage, ainsi que d’un espace de conditionnement.

➜ Plus d’information auprès de l’Unité tourisme et diversification, 04 70 48 42 42.

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« Nous n’avons pas l’intention, ni les moyens d’ailleurs, de casser les filières. Ce que nous voulons, c’est revoir les cahiers des charges pour que les éleveurs soient intégrés à la négociation »

Geoffrey Rivaux, président des Jeunes Agriculteurs de l'Allier

Le chiffre de la semaine
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producteurs recensés "Bio" dont 39 conversions en 2015 : 14 ateliers bovins viande, 13 ateliers grandes cultures, quatre ateliers légumes, deux ateliers Plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM), deux ateliers ovins, un atelier fruit et un atelier bovins lait.

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