L'Allier Agricole 20 janvier 2015 à 08h00 | Par M.Renaud

L’année 2014 a mieux fini qu’elle n’avait commencé

Débutée sur fond d’alerte chrysomèle, 2014 s’est terminée par de très bons rendements.

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- © © RÉUSSIR / L.VIMOND

Les maïsiculteurs ont abordé la réunion 2015, organisée par la Chambre d’agriculture, avec une épine de moins dans le pied : la chrysomèle des racines de maïs est officiellement sortie de quarantaine grâce à l’abrogation du dispositif de lutte obligatoire (publié au Journal officiel en juillet dernier).

Chrysomèle :aucune capture en 2014

Le fastidieux processus de mise en quarantaine qui avait inquiété toute la profession n’est désormais qu’un mauvais souvenir. La Commission européenne se contente à présent d’établir comme objectif « la réduction de la densité de population de l’organisme nuisible à un niveau n’entraînant pas de pertes économiques significatives, en vue de garantir une production économiquement durable de maïs ».
Comme cela est plaidé par la profession depuis l’apparition de l’insecte, il faut désormais savoir produire avec. « La nuisibilité de la chrysomèle varie fortement selon le contexte pédoclimatique, rappelle Yann Flodrops, ingénieur régional chez Arvalis-Institut du végétal. Des solutions existent pour continuer à produire du maïs malgré la présence de la chrysomèle du maïs, la lutte doit si possible privilégier l’anticipation » insiste l’expert.
En 2013, sept captures avaient été constatées, il n’y en a eu aucune en 2014, ni dans l’Allier, ni en Auvergne. C’est maintenant à la profession tout entière de mettre en place des pièges et de surveiller les va-et-vient de l’insecte.

Hausse des captures de pyrales

Bien qu’ayant attiré tous les projecteurs sur elle, la chrysomèle n’est pas la seule menace sur le plan sanitaire. Tout au long de l’année, les équipes du Bulletin de santé du végétal (BSV) arpentent les parcelles. Les captures de pyrales ont été plutôt prononcées avec une moyenne de 2,93 pyrales capturées par parcelles. C’est bien plus que les années précédentes (1,53 en 2013). Par ailleurs un pic de vol a été observé le 15 juillet. Les autres espèces telles que l’héliotis, l’oscinie, la limace ou les corvidés n’ont pas posé de problèmes majeurs.

Une surface de maïs grain en hausse

Les surfaces de maïs grain et fourrage ont, cette campagne encore, été revues à la hausse : 42 000 hectares en Auvergne de maïs grain (contre 39 000 en 2013, soit une augmentation de 8 %) dont 27 850 hectares situés dans le seul département de l’Allier (contre 25 800 l’année précédente) et 33 750 hectares de maïs fourrage dont 10 700 hectares dans l’Allier (chiffres équivalents à 2013).

Le film de la campagne 2014

Les semis ont globalement pu se faire dans de bonnes conditions sur une période concentrée début avril. Quelques semis tardifs (fin mai) ont été observés, principalement pour les maïs fourrage. « Nous avons eu des démarrages parfois difficiles liés à une période sèche et des températures fraîches avec des gelées mi-avril », commente Chloé Malaval-Juéry, ingénieur chez Arvalis-Institut du végétal. Ici et là, quelques problèmes d’application des produits phytosanitaires ont été constatés au moment de la post-levée précoce et la plante a dû endurer une période sèche fin mai début juin. « Les floraisons ont eu lieu entre le 10 juillet et le 1er août, période durant laquelle le cumul de précipitations a été important ». Pour finir, l’automne a été humide et chaud et la récolte s’est avérée difficile dès la mi-octobre.


Les 100 quintaux/hectare souvent atteints et dépassés

Au final, les rendements de cette année 2014 ont été plus que satisfaisants, dépassant très souvent les 100 quintaux/hectare (q/ha). « D’une manière générale, les rendements sont bons en irrigué et très bons en sec », note Chloé Malaval-Juéry. Les rendements maïs grain dans l’Allier sont de 100 q/ha en moyenne en Sologne-Bocage, de 115 q/ha dans la Forterre et de 128 q/ha dans les alluvions. Des moyennes bien au dessus des années précédentes (une moyenne de 96 q/ha sur le département en 2013 et de 89 q/ha en 2012). Les rendements maïs fourrage oscillent de 14 à 16 tonnes de matière sèche à l’hectare.

« Zéro papier » oblige, aucun document n’a été distribué lors de la réunion maïs. L’intégralité des présentations ainsi que l’ensemble des préconisations variétales est disponible sur le site de la Chambre d’agriculture de l’Allier www.allier.chambagri.fr

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« Nous n’avons pas l’intention, ni les moyens d’ailleurs, de casser les filières. Ce que nous voulons, c’est revoir les cahiers des charges pour que les éleveurs soient intégrés à la négociation »

Geoffrey Rivaux, président des Jeunes Agriculteurs de l'Allier

Le chiffre de la semaine
297
producteurs recensés "Bio" dont 39 conversions en 2015 : 14 ateliers bovins viande, 13 ateliers grandes cultures, quatre ateliers légumes, deux ateliers Plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM), deux ateliers ovins, un atelier fruit et un atelier bovins lait.

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