L'Allier Agricole 23 août 2020 à 07h00 | Par Sébastien Joly

L’Augère, entre légendes et lumières…

La petite commue d’Agonges ne compte pas moins de treize châteaux. L’Augère est l’un d’entre eux et le seul ouvert au public.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
- © Philippe Sauvage

Une histoire

L’Augère tient son nom de la racine latine « augeria » ou trou d’eau. La présence des restes d’une motte à deux enceintes, située à proximité de la rivière de l’Ours, semble être le point originel du fief. L’édifice actuel, situé à quelques mètres, a été détruit lors de la guerre de cent ans, probablement par les Anglais. D’après la légende, Jeanne d’Arc y aurait séjourné en 1429 après avoir délivré Saint-Pierre-le-Moûtier (58) avant de se diriger vers la capitale bourbonnaise, Moulins. Dès l’année 1441, sous le règne de Charles VIII, le château a été entièrement reconstruit. C’est à la fin du XIXème siècle que l’architecte René Moreau lui donnera l’aspect que l’on peut contempler encore aujourd’hui en remaniant la structure de l’austère forteresse pour la transformer en une belle demeure confortable.

Habité par la même famille depuis sa reconstruction au milieu du 15ème siècle, il se transmet par les femmes. Une saga familiale qui commence, au moins, avec l’arrivée sur les lieux de François de Culant (famille distincte de la grande famille féodale) pour passer, successivement par alliance par les Montbel, Vélard de Chateauvieux, Gaudart d’Allaines, et les Laforcade. C’est Agnès Collas de Chatelperron née Laforcade, qui en est l’actuelle héritière.

Une exploitation agricole ovine

Sur les soixante-quinze hectares de la propriété, Agnès de Chatelperron a souhaité développer l’élevage ovin en s’installant en 1984 au domaine de Lafont: « Après un passage de plusieurs années à Paris, j’ai souhaité revenir sur les terres de mes ancêtres et m’y investir par goût de la campagne. Les moutons demandaient, à l’époque, des investissements minimums et une charge de travail plus adaptée pour une femme ». Un cheptel de trois cents brebis de race Île-de-France et Charollais, qu’elle va bientôt céder dans son intégralité à sa fille Aliénor, installée depuis déjà cinq ans, avant de prétendre à une retraite bien méritée au 31 décembre de cette année. Une double activitée pour sa fille ainée qui travaille aussi au CFA-CFPPA de l’Allier, à Neuvy.

Des portes qui s’ouvrent

Au début des années 2010, Agnès de Chatelperron décide d’ouvrir les portes de l’Augère au plus grand nombre : « Nous étions parmi les premiers en Bourbonnais à ouvrir au public. Une décision qui n’a pas été appréciée, comprise de tous. À mon sens, quand nous héritons de belles propriétés comme celle-ci, il serait dommage de ne pas faire partager cette passion des lieux qui nous anime. Autant de richesses historiques, architecturales mais aussi environnementales qui participent à la promotion de nos territoires ruraux qui devraient être plus largement mis en valeur dans notre département. De plus, il ne faut le nier, c’est aussi une diversification de revenus permettant l’entretien de bâtiments historiques demandant, bien souvent, des investissements considérables pour les maintenir en bon état ». Agnès et ses proches ont commencé par des visites des extérieurs et des intérieurs du château lors des journées européennes du patrimoine pour les prolonger, chaque  année, de juillet à septembre : « Dès le début, le succès a été au rendez-vous ! Nombreux ont été les Bourbonnais qui sont venus nous rencontrer. Beaucoup ne connaissaient pas ce château ». Après de multiples campagnes de publicité mais aussi par le bouche à oreille, le nombre de visiteurs n’a fait que progresser comme le confirme Agnès de Chatelperron: « Nous travaillons beaucoup avec les curistes de la ville de Bourbon-l’Archambault mais aussi avec les touristes de passage faisant étape par l’Allier avant de rejoindre leurs lieux de vacances ».

Un son et lumières

Fort de cette expérience, les Chatelperron s’élancèrent dans une nouvelle aventure, d’envergure cette fois-ci: la mise sur pied d’un son et lumières retraçant l’histoire de l’Augère. Il prend forme chaque année, en août, le temps de deux soirées grâce à 250 bénévoles, membres de l’association pour la sauvegarde du château de l’Augère. Des centaines de figurants qui enfilent l’habit d’un seigneur, d’un brigand ou d’un paysan, pour donner vie à plusieurs scènes historiques devant près de 2000 personnes. « Au début, d’autres associations nous prêtaient ou nous louaient des costumes et des accessoires. Aujourd’hui nous en avons acheté et confectionné des centaines. Des réserves qui nous permettent, chaque année, de renouveler les spectacles que nous proposons ».

Des dîners aux chandelles !

La crise sanitaire et le confinement ont eu raison, cette année, de l’événement tant attendu. Agnès n’en a pas pour autant baissé les bras et une nouvelle idée s’est concrétisée. Des dîners aux chandelles dans la cour intérieure du château ! Des moments gastronomiques et festifs aux sons des trompes de chasse agrémentés de spectacles équestres et de tableaux costumés dans des ambiances différentes d’un soir à l’autre entre Moyen-âge et Belle Époque rassemblant une cinquantaine de convives.

Un musée de la chasse

L’Augère est aussi reconnu pour la chasse à courre. L’équipage du Percevent rassemble chaque samedi, pendant la saison de chasse, près d’une cinquantaine de veneurs au sein de la proche forêt domaniale du prieuré de Bagnolet. La meute est menée par Yvon de Chatelperron, secondé par son épouse Agnès et leurs deux filles Aliénor et Inès.

L’esprit de la vénerie et de la vie de la forêt qui s’exprime aussi à L’Augère puisqu’un musée de la chasse a pris place dans les dépendances du château.

Aucun temps mort pour les membres de la famille de Chatelperron qui souhaitent prochainement développer l’activité d’hébergements sur place en aménageant des gîtes au sein de la propriété.

Sébastien Joly

Agnès et Yvon de Chatelperron lors du son et lumières
Agnès et Yvon de Chatelperron lors du son et lumières - © Philippe Sauvage

Informations pratiques :

 

 

Du 01/07 au 31/08/2020 : tous les jours de 14h à 17h30.

De préférence sur appel téléphonique, afin de respecter le nombre légal de visiteurs.

Du 01/09 au 30/09/2020 : tous les jours de 14h à 17h30.

Et sur rendez-vous en dehors de ces périodes d’ouverture.

 

Téléphone : 06 32 02 30 87

www.chateaudelaugere.fr

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Allier Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,