L'Allier Agricole 30 avril 2019 à 11h00 | Par L'ALLIER AGRICOLE

La fédération des chasseurs main dans la main avec les agriculteurs

Près de 350 chasseurs étaient présents à Yzeurespace pour faire le point sur les activités menées par leur fédération mais aussi assister aux différentes interventions des partenaires du monde de la chasse dans l’Allier.

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Une assemblée de près de 350 personnes attentive aux différentes interventions.
Une assemblée de près de 350 personnes attentive aux différentes interventions. - © AA

Une assemblée générale où les sujets ont été nombreux à l’ordre du jour. Celui qui déclenche souvent les passions est lié à l’indemnisation par la fédération des chasseurs des dégâts occasionnés par le sanglier, qui se concentront principalement au Nord, sur le territoire de la Sologne bourbonnaise.

Des prélèvements de sangliers en hausse de 10%

La fédération est en charge d’organiser le prélèvement qui s’est élevé lors de la dernière saison à 5 701 pour 10 289 attributions. C’est 500 de plus que l’an dernier, soit une progression de 10 %. Si on rajoute à ce chiffre, les 200 réalisés par la louveterie et la petite centaine en destruction en mars, on est à 6 000.

Des dégâts toujours de plus en plus chers

La dernière campagne s’élève à 382 840 € contre 420 000 € en 2017-2018 : une baisse de 10%. Jean-Pierre Gaillard, président de la fédération départementale des chasseurs de l’Allier complète : « Le problème avec le sanglier, c’est qu’il faut toujours anticiper, à la chasse bien sûr, vous le savez, mais aussi quand on doit prévoir le carnet de chèques pour l’an prochain. En fait, on regarde le paysage avec un an de retard. Et la situation de la campagne qui vient de s’ouvrir est relativement préoccupante avec un nombre de dossiers ouverts qui a doublé par rapport à l’an dernier, avec des populations de sangliers dont on sait, qu’à certains endroits, elles sont trop importantes. Comme tous les ans, la situation est extrêmement hétérogène avec 3 pays du nord du département qui cumulent 171 000 € soit 50 % des dégâts quand un grand sud ne pose pas de problème particulier. Il va donc falloir continuer d’être très vigilants, très réactifs aussi pour pousser les gens à chasser, pour demander des battues administratives quand la chasse n’apporte pas les solutions espérées, veiller à ce qu’elles aient lieu quand c’est le moment … Je le dis avec tout le respect que je dois à l’Administration, il faut que les arrêtés de battues soient pris au fil de l’eau des demandes et que les louvetiers eux-mêmes soient très réactifs. Dans les pays qui dysfonctionnent, la Fédération demandera très officiellement qu’on puisse doubler le nombre de louvetiers à l’occasion de leur renouvellement prévu en 2020 ».

Jean-Pierre Gaillard : « Maintenant, je pense qu’il est nécessaire, et évidemment possible, de travailler ensemble sur la question du sanglier car aucune des parties n’a la solution seule. Au contraire, nous subissons tous : les agriculteurs parce qu’ils ont les dégâts, nous parce que nous les payons ».

À noter la présence de Richard Moine, vice-président de la Chambre d’agriculture de l’Allier qui a insisté sur le fait qu’il était difficile d’accepter des dégâts de sangliers tout en sachant que 30% du territoire de l’Allier n’était pas chassé : «  Il faut favoriser le regroupement des plans de chasse et améliorer la gestion des deux réserves naturelles de l’Allier tout comme celle des francs-bords. La position des chasseurs et des agriculteurs doit être commune sur ces sujets là. Notre volonté c’est d’avancer dans l’intérêt général et combattre les idées reçues, aussi bien en terme de chasse que d’agriculture. Les actions de l’association « Symbiose 03 » y participent d’ailleurs grandement en montrant qu’on pratique notre métier correctement ».

Un constat que partage aussi Geoffrey Rivaux, président des Jeunes Agriculteurs de l’Allier, élu référent pour la chasse auprès de la Chambre d’agriculture, qui est également intervenu à la tribune : « On a besoin des chasseurs, tout comme des agriculteurs. Vous êtes des gestionnaires de la faune et de la flore tout comme nous, agriculteurs ».

Est également intervenu sur ce sujet le président de la fédération régionale des chasseurs d’Auvergne-Rhône-Alpes, Gérard Aubret : « Les chasseurs ne doivent pas être les seuls à payer. Je rejoins Richard Moine sur le fait que 30% du territoire chassable ne l’est pas dans les faits. Il faut donc que les détenteurs de ces espaces contribuent à financer les dégâts sur les cultures. Il faut bien avoir à l’esprit que les chasseurs ne veulent pas transformer les espaces ruraux en territoires de jeux et avoir avec vous, agriculteurs, des débats constructifs plutôt que de les avoir au sein des revues spécialisées ».


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