L'Allier Agricole 23 juin 2015 à 08h00 | Par S.Chatenet

La mobilisation devrait payer chaque semaine un peu plus

Les éleveurs ont levé, mercredi soir le blocage des abattoirs. Le président de la FRSEA Massif central, Patrick Bénézit se félicite de la très bonne mobilisation notamment à Villefranche-d’Allier qui a permis d’obtenir des engagements de l’aval.

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Patrick  Bénézit : « Jusque là complètement verrouillées par les opérateurs, les cotations vont désormais être contrôlées pour qu’elles reflètent réellement ce qui se passe sur les marchés. Le ministère s’est engagé à vérifier la véracité des remontées abattoirs. »
Patrick Bénézit : « Jusque là complètement verrouillées par les opérateurs, les cotations vont désormais être contrôlées pour qu’elles reflètent réellement ce qui se passe sur les marchés. Le ministère s’est engagé à vérifier la véracité des remontées abattoirs. » - © S.CHATENET

Quel bilan peut-on faire des actions de blocage menées la semaine dernière par le réseau FNSEA-JA-FNB ?
Patrick Bénézit : La mobilisation a été au-delà de nos espérances, notamment dans le Massif central avec un investissement important des agriculteurs de tous les départements sur le site de Villefranche-d’Allier. Entre 100 et 150 personnes ont été présentes en permanence durant quatre jours. La FNSEA 03 et la FRSEA Massif central ont réuni toutes les conditions pour que tout se passe bien. Et au final, le fait d’être nombreux, nous a non seulement permis de bloquer le site de Socopa, mais aussi l’abattoir Puigrenier à Montluçon. Nous avons réussi à couper l’herbe sous le pied à cet opérateur qui avait vraisemblablement prévu d’assurer les livraisons que ne pouvait pas honorer Socopa en raison du blocage. Nous avons réussi à intercepter un camion irlandais qui s’apprêtait à livrer chez Puigrenier. Le blocage supplémentaire de cet abattoir a pesé sur la négociation nationale dans la mesure où Puigrenier est membre de la FNCGV, famille qui participait au tour de table organisé au ministère.

La levée des barrages a donc été motivée par l’annonce d’un certain nombre d’engagements pris à l’issue de la table ronde qui s’est tenue, mercredi dernier, au ministère…
P.B. : Les actions syndicales ont en effet permis d’avancer sur plusieurs sujets. Sur le prix d’abord, les distributeurs et les abatteurs se sont engagés à faire passer des augmentations de prix toutes les semaines à la production. À partir d’aujourd’hui, les prix devraient augmenter chaque semaine de manière graduelle, jusqu’à atteindre un niveau suffisant qui correspond aux coûts de production. Il y a un engagement formel pris par l’ensemble des familles d’abattage sur cette question. Nous veillerons à ce qu’il soit respecté. Le ministère s’est par ailleurs engagé à suivre sa mise en œuvre effective. Clairement, notre objectif est que les prix reviennent à leur niveau d’il y a un an et demi.

La question du prix passera aussi par davantage de transparence dans les cotations. Un éclaircissement a-t-il été obtenu sur cette question ?
P.B. : Jusque là complètement verrouillées par les opérateurs, les cotations vont désormais être contrôlées pour qu’elles reflètent réellement ce qui se passe sur les marchés. Le ministère s’est engagé à vérifier la véracité des remontées abattoirs.

Qu’en est-il sur le VBF et sur l’export ?
P.B. : Un plan autour de la promotion de la viande bovine française est prévue pour rebooster la consommation et mettre en avant l’origine.
Sur l’export, d’ici l’été, le ministre a annoncé la création d’une plateforme dédiée. Nous souhaitons qu’une vraie stratégie export se mette en place comme cela avait été le cas en 2010.


S.Chatenet

Les éleveurs dénoncent l’attitude de Sicarev

L’abattoir de Roanne détenu par la coopérative Sicarev a également été bloqué durant plusieurs jours, notamment par la FDSEA et les JA de la Loire. Ce qui n’a pas été du goût des responsables de la coopérative, qui dans un communiqué indiquaient dès lundi matin :
« Nous ne sommes en rien responsables des cours de la viande que nous subissons comme tout un chacun. Il faut savoir que chaque journée de blocage de Sicarev se chiffrera par des pertes financières importantes qui seront supportées par les adhérents, ces mêmes adhérents qui, eux, se sont engagés financièrement dans le groupe Sicarev ». La coopérative qui avait fait constater le blocage par un huissier est l’une des seules structures impactées par les blocages à avoir entamé une procédure en justice. François Garrivier, éleveur à Grézolles dans la Loire et représentant rhônalpin de la FNB a ainsi été condamné mercredi dernier en référé par le tribunal de Roanne à la levée immédiate du blocage de l’abattoir de Roanne. Cette initiative a du mal à passer du côté des éleveurs.

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la phrase de la semaine

« Nous n’avons pas l’intention, ni les moyens d’ailleurs, de casser les filières. Ce que nous voulons, c’est revoir les cahiers des charges pour que les éleveurs soient intégrés à la négociation »

Geoffrey Rivaux, président des Jeunes Agriculteurs de l'Allier

Le chiffre de la semaine
297
producteurs recensés "Bio" dont 39 conversions en 2015 : 14 ateliers bovins viande, 13 ateliers grandes cultures, quatre ateliers légumes, deux ateliers Plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM), deux ateliers ovins, un atelier fruit et un atelier bovins lait.

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