L'Allier Agricole 16 juillet 2015 à 08h00 | Par M.Renaud

La moisson de blé se déroule sereinement

Les orges terminés, les blés et colzas sont également bien avancés dans des conditions éprouvantes tant pour les agriculteurs que pour les machines.

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Après les orges et les colzas, la moisson des blés se déroule dans de bonnes conditions, sans la pression habituelle liée à la crainte des précipitations. Si la qualité est au rendez-vous, les rendements accusent une nette baisse à cause de la sécheresse qui dure depuis début mai sur certains secteurs. « Les exploitants ont entamé leur travaux avec une bonne dizaine de jours d’avance », commente Luc Fournier, technicien de la Chambre d’agriculture.


Retour de la qualité légendaire des blés de l’Allier
Les blés de l’Allier sont réputés pour leur excellente qualité meunière. Près de 80 % des blés 2015 sont récoltés, et les analyses confirment cette réputation. La moyenne de poids spécifique est située autour de 80 kg/hl et la teneur en protéine est établie à 12 %. Denis Beauchamp, responsable commercialisation à l’UCAL : « Si l’année passée, la qualité des blés n’était pas au rendez-vous, cette année s’annonce comme un bon cru, avec des caractéristiques technologiques très satisfaisantes. Tous les résultats de panification ne sont pas encore connus, mais l’on peut déjà affirmer que la farine issue de ces céréales conviendra autant à nos clients industriels qu’à la boulangerie artisanale. Cette bonne qualité 2015 permettra d’asseoir la réputation des blés de l’Allier, reconnue jusqu’en Italie ».

Des rendements faibles, mais des prix en hausse

Les rendements annoncés sont très hétérogènes, avec une baisse moyenne d’environ 15 q/ha. Sur les terres légères, telles que la Sologne, le nord de la Limagne, ou le sud des Combrailles,  peu de producteurs atteignent 55 q/ha, alors que sur des terres plus fortes, dont plus de la moitié restent à moissonner, le rendement peut approcher 90 quintaux. Le premier « coup de chaud » du mois de mai avait un peu abîmé les parcelles en faisant régresser la tale, ce qui avait inquiété les professionnels à l’image de Luc Fournier : « La fin de cycle nous a fait craindre le pire mais on ne s’en sort pas si mal ».
Denis Beauchamp met en parallèle ces rendements et l’évolution du marché : « La vague de chaleur en France, les conditions trop humides aux États-Unis ainsi que d’autres craintes climatiques dans l’hémisphère sud ont brusquement poussé les prix, avec une hausse de près de 20 €/tonne en deux semaines. Si la récolte mondiale s’annonce toujours abondante, certains voyants passent au rouge et une “prime de risque” s’installe sur les marchés. La volatilité sera donc encore de mise cette année, d’autant que les marchés des céréales peuvent également être influencés par les variations des devises, la crise greque ou, dernièrement, le krach boursier en Chine. Ces variations peuvent aussi représenter une opportunité à ne pas rater pour sécuriser un prix de vente longtemps à l’avance.

Une dernière moisson sereine
Maurice Compagnon travaille au silo de Tréteau depuis 1974. C’est sa dernière moisson avant son départ en retraite : « Cette année, les réceptions se passent dans de bonnes conditions, malgré la chaleur. Les moissons sont étalées, le secteur de la Sologne est bien avancé, et la récolte en zone de Forterre commence doucement. La qualité est là, ce qui simplifie les allotements. » Pour les adhérents aussi, l’absence de précipitations annoncée pour les prochains jours permet de poursuivre sereinement la récolte.

Les colzas presque terminés
En colza aussi, les grosses chaleurs se sont faites sentir au point qu’ « en deux jours, les colzas ont grillé sur pieds », obligeant là encore à moissonner plus tôt qu’à l’accoutumée. « Nous étions déjà bien avancés en cycle, note Luc  Fournier mais, même si la qualité sera certainement en deçà, nous n’aurons pas de catastrophe sur les rendements ».

Des risques spécifiques liés à la canicule
La canicule a eu pour effet d’accentuer le phénomène d’hétérogénéité de maturité dans les parcelles. Corine Jasserand, responsable Qualité et Sécurité à l’Ucal : « La présence de verdillons, secs en surfaces, mais difficilement détectables lorsque les températures atteignent 40°C, entraine un risque d’échauffement en cellule, et les récoltes entrent à des températures élevées dans les silos. Le retour de nuits plus fraîches doit permettre d’enclencher le premier palier de ventilation, pour ramener le grain autour de 20 °C et stopper la fermentation des grains immatures et verts qui n’auraient pas été éliminés par le séparateur ».

Les moissonneuses en surchauffe
Poussière, sol ultra sec, machine qui tourne durant des heures … le cocktail est explosif. D’ailleurs, certaines moissonneuses n’ont pas résisté et ont pris feu lors de la récolte

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« Nous n’avons pas l’intention, ni les moyens d’ailleurs, de casser les filières. Ce que nous voulons, c’est revoir les cahiers des charges pour que les éleveurs soient intégrés à la négociation »

Geoffrey Rivaux, président des Jeunes Agriculteurs de l'Allier

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producteurs recensés "Bio" dont 39 conversions en 2015 : 14 ateliers bovins viande, 13 ateliers grandes cultures, quatre ateliers légumes, deux ateliers Plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM), deux ateliers ovins, un atelier fruit et un atelier bovins lait.

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