L'Allier Agricole 16 avril 2015 à 08h00 | Par M.Renaud

La Pac 2015-2020, ce quiproquo sans fin

Dans un décor de théâtre, les protagonistes de l’agriculture bourbonnaise se sont retrouvés à l’occasion du congrès annuel de la FNSEA 03, le 9 avril dernier à Neuvy. Au coeur de l’intrigue : la Pac et sa mise en oeuvre qui soulèvent bien des interrogations.

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Dans le théâtre de l’agriculture bourbonnaise, chacun joue son rôle : la FNSEA 03 incarne la revendication, la Direction départementale des territoires (DDT) revêt le costume du législateur et la Chambre d’agriculture se fait interface. Tous trois occupent la scène de manière quasi continue, rejoints au fil des actes par les autres syndicats et organisations professionnelles agricoles (OPA).

« La FNSEA doit être partout où les décisions se prennent »
Des rôles parfois un peu trop collés aux personnages : « Nous passons encore trop souvent pour les braillards de service qu’il faut sortir de temps en temps pour une action, résume Emmanuel Ferrand, président de la FNSEA 03. Je regrette de ne pouvoir convaincre plus rapidement que si notre monde des organisations économiques en est là aujourd’hui, c’est grâce au syndicalisme à l’origine ». En France, la FNSEA se veut acteur principal, comme le rappelle Daniel Prieur, secrétaire général adjoint du syndicat national. « La FNSEA doit être partout où les décisions se prennent. Il faut être là, s’investir et ne pas oublier la maison mère quand les hivers sont un peu longs ». Et pour être présent, inutile d’avancer masqué : « C’est en sortant des bureaux parisiens pour voir ce qui se passe sur le terrain que l’on peut faire bouger les lignes. Sur l’environnement par exemple, les agriculteurs ont des choses à dire, encore faut-il les laisser participer au match ».

Commencer à plancher sur l’après 2020
La grande représentation du moment pourrait s’intituler « La Pac 2014, c’est pour quand ? » Une tragi-comédie dont la fin reste à écrire.
« Nous sommes dans une situation la plus ubuesque possible ». Le ton est donné, Emmanuel Ferrand poursuit :  « Nous avons assisté depuis un an à une déroute totale du pouvoir, un manque de volonté à régler les problèmes et une incapacité à fixer les règles (…) Cette Pac, vendue pour rétablir l’égalité vis-à-vis des éleveurs, non seulement va les pénaliser par rapport à l’ancien règlement et, de plus, va mettre en faillite les céréaliers présentés comme les nantis de l’agriculture (…) Dans ces conditions, je vous le dis Monsieur le directeur de la DDT, nous n’accepterons aucun contrôle, au risque pour vous de vous retrouver bloqué dans votre administration par un gros feu de colère alimenté par tous ces règlements indigestes ». Une tirade en forme de grief dont la réplique ressemble à un aveu d’impuissance: « Il est de votre devoir de monter au créneau, le syndicalisme est fait pour cela, constate Sébastien Ferra, directeur de la DDT. C’est un fait, nous avons accumulé de gros retards, vos critiques sont légitimes. La PMTVA va vous être réglée avec du retard, quant à la PHAE, nous n’avons pas encore de dates. En ce qui concerne les déclarations sur Télépac (habituellement ouverte depuis début avril, NDRL), nous espérons qu’elles puissent se faire début mai ». Un vaste flou dans le planning que Patrice Bonnin, président de la Chambre d’agriculture, ne manque pas de relever : « Nous agriculteurs, nous sommes tenus par des dates. Nous aimerions que ce soit la même chose pour
l’administration ». Situation bloquée, il n’empêche, le temps
avance : « Sachez tout de même que d’autres pays sont déjà en train de travailler sur la Pac post 2020 et que nous sommes toujours à attendre la mise en œuvre de celle-ci ». Sauf coup de théâtre, il faudra encore patienter.

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• Sema et FNSEA 03 main dans la main. « Le Sema est membre de la FNO et de la FRO, mais pas de le FNSEA 03. La situation se régularise et nous pourrons donc parler d’une seule voix », résume Emmanuel Ferrand. « Les 1 000 brebis en plus dans le département représentent une bonne nouvelle pour la filière. Il ne faut pas avoir peur des mots : il y a de la demande en agneaux français et la Pac nous est favorable. La production ovine a de l’avenir », commente Xavier Madet, secrétaire général du Sema.
• La section horticulture et pépiniériste activée. La section est officiellement dans les statuts de la FNSEA 03, il ne reste que quelques formalités à combler.
• La section des fermiers et métayers relancée. Alain Ratel, jusqu’alors président a officiellement rendu sa démission, il est remplacé par Mickaël Duret (notre photo).

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« Nous n’avons pas l’intention, ni les moyens d’ailleurs, de casser les filières. Ce que nous voulons, c’est revoir les cahiers des charges pour que les éleveurs soient intégrés à la négociation »

Geoffrey Rivaux, président des Jeunes Agriculteurs de l'Allier

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producteurs recensés "Bio" dont 39 conversions en 2015 : 14 ateliers bovins viande, 13 ateliers grandes cultures, quatre ateliers légumes, deux ateliers Plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM), deux ateliers ovins, un atelier fruit et un atelier bovins lait.

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