L'Allier Agricole 15 mai 2019 à 11h00 | Par CHAMBRE D'AGRICULTURE DE L'ALLIER

La profession accueille le Préfet de région

Pascal Mailhos, préfet de région, était, le vendredi 3 mai, en visite officielle dans le département de l’Allier.

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- © CA03

Accueilli par le maire de la commune, c’est à Neure, sur l’exploitation Chamignon que le Préfet de région est venu, accompagné de la Préfète Marie-Françoise Lecaillon, de la directrice de la DDT, Anne Rizand, de la directrice de la DDCSPP, Anne Costaz, du sénateur Claude Malhuret et du député Jean-Paul Dufrègne.

Cette exploitation de polyculture élevage comprend 260 ha de SAU dont 150 ha d’herbe et 110 ha de cultures. Un cheptel de 135 vaches charolaises permet la production de broutards, de génisses maigres et de vaches finies.

Le choix s’est porté sur la présentation de cette exploitation qui, depuis 2018, a mis en place l’irrigation grâce à l’utilisation d’une retenue collinaire. Ce sont ainsi 60 ha qui sont désormais irrigables, avec pour objectif de sécuriser le système fourrager par l’irrigation de maïs et de cultures en dérobée après colza ou céréales. La retenue collinaire permet également d’assurer les rendements de l’atelier culture. L’idée est de pouvoir assurer la production en période sèche, par un ou deux tours d’arrosage, utilisant ainsi l’eau tombée sur la période hivernale et stockée dans la retenue.

Gestion de la ressource en eau : un enjeu majeur pour l’agriculture de demain

Compte tenu des évolutions climatiques, les représentants de la profession agricole souhaitent que ce type d’investissement puisse être envisagé sur les exploitations de notre département. Les professionnels ont alors insisté sur la nécessité d’examiner de manière pragmatique ces dossiers, que ce soit pour l’utilisation de retenues existantes ou pour la création de nouveaux ouvrages. Ils ont insisté sur la gestion de la ressource qui se fait en relation avec les services de l’État, dans le souci d’une gestion durable. Enfin les questions relatives au positionnement, parfois ressenti comme excessif, de certains organismes intervenant sur le sujet ont fait l’objet de discussions. Il ressort des échanges que l’approche pragmatique au cas par cas semble la meilleure solution pour aborder cette question. Les représentants de l’État engagent la profession à réaliser, conjointement avec leurs services, les études de faisabilité tant technique qu’environnementale ou économique pour avancer sur ces dossiers.

Après une présentation de l’agriculture bourbonnaise, première force économique du département, de ses spécificités et caractéristiques par le président de la Chambre d’agriculture de l’Allier, la profession, avec les syndicats majoritaires FNSEA 03 et JA 03, ont interpellé les représentants de l’État sur différents points sensibles et d’actualité.

Les inquiétudes et les demandes de la profession ont porté sur trois axes majeurs

Patrice Bonnin a souhaité appuyer sur le fait que l’agriculture connaît aujourd’hui des cours bas, des épisodes climatiques aléatoires et une pression médiatique et administrative forte avec des règles du jeu de la PAC qui changent en permanence.

Pour exemple, les prairies temporaires de plus de cinq ans reclassées en prairies naturelles. De ce fait, ce sont actuellement 111 dossiers générant de potentielles pénalités qui sont à retraiter. La directrice de la DDT s’est engagée à reprendre les dossiers au cas par cas.

Concernant la PAC, pour Nicolas Bonnefous, il est inadmissible de revenir sur des règles méconnues à l’époque des déclarations alors que les techniciens Chambre d’agriculture et Cerfrance Terre d’Allier mandatés par les agriculteurs ont rendu les dossiers correctement remplis, au regard des règles connues. Demande est faite de ne pas revenir sur les dossiers 2018. Patrice Bonnin alerte les services de l’État et attend, avec les élus,  des signes de confiance de leur part.

Le Préfet de région, sensible à cette interpellation, demande à la préfète de l’Allier de lui remettre une synthèse de la situation.

Enfin, troisième point sensible, les contrôles réalisés par l’Agence Française pour la Biodiversité sur les exploitations.

Selon l’AFB, les semences enrobées qui sont semées ne doivent pas rester en surface car les oiseaux risquent de manger ces grains. L’agriculteur est alors considéré comme « hors la loi » ! Philippe du Vivier fait part au préfet de son  agacement. Il n’y a pas de contrôle des contrôleurs face à cette impunité de l’État quand il commet des erreurs. La préfète s’engage à sensibiliser la commission départementale des contrôles et à retravailler la charte des contrôles.

Patrice Bonnin est intervenu sur ces sujets avec une certaine fermeté, estimant qu’il n’est pas acceptable que l’agriculture soit ainsi considérée. Le Préfet, Pascal Mailhos s’est alors engagé à remonter les points de ces échanges au ministère.

Affaires à suivre !

 


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