L'Allier Agricole 03 avril 2020 à 09h00 | Par L'ALLIER AGRICOLE

La Sicaba face à une forte baisse d’activité

Seul abattoir de l’Allier agréé pour l’abattage des viandes signes sous officiels de qualité, agneau label rouge, bœuf charolais label rouge, agneau du Bourbonnais IGP et Bœuf Charolais du Bourbonnais IGP, la Sicaba adapte sa chaîne de production.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Luc Mary, directeur de Sicaba.
Luc Mary, directeur de Sicaba. - © www.vichy-economie.fr

La restauration, chez Sicaba,représente 45 % de l’activité économique de l’entreprise (restauration collective : 32 % et restauration commerciale : 13 %). Installée à Bourbon-l’Archambault, elle subit de plein fouet les mesures de confinement liées, en premiers lieux, à la fermeture des établissements scolaires. À ce jour, ce sont 125 salariés qui assurent le bon fonctionnement de la structure au niveau de la transformation mais aussi de la livraison. Une entreprise florissante, d’envergure nationale, qui rayonne désormais au-delà des frontières françaises (3 % de laproduction à l’export) avec un chiffre d’affaires de 31 millions d’euros.

Réduction des abattages

Dès l’annonce du Président de la République, le jeudi 12 mars au soir, la Sicaba a suspendu toutes les préparations à destination de la restauration collective pour éviter de livrer inutilement et de réceptionner des retours de marchandises. Autre conséquence inévitable, la réduction des abattages d’animaux, comme l’indique Luc Mary, directeur de la Sicaba : « L’abattage était actif sur cinq jours par semaine. Nous avons dû le réduire à trois jours. Au lieu de tuer 110 bovins, nous n’en tuons plus que 60 par semaine ». La Sicaba a donc redirigé sa production pour répondre à la demande des autres clients qui ont surperformé jusqu’au mardi 17 mars,midi, heure de la mise en place du confinement national ordonné par le gouvernement d’Édouard Philippe. Une situation qui s’est traduite par un phénomène de surapprovisionnement de la population dans les magasins afin de constituer d’importants stocks de nourriture. Une situation qui s’est instantanément inversée le mardi après-midi avec des ventes très disparates.

Difficultés à maintenir les lignes de production

Une gestion du personnel qui devient de plus en plus compliquée à mettre en oeuvre et qui évolue chaque jour pour Luc Mary : « Nous faisons face à des arrêts maladie et des obligations de gardes d’enfants. Un manque de personnel qui se traduit par des lignes de productions difficiles à maintenir ». Avec le prolongement de la période de confinement, l’entreprise bourbonnaise devra s’adapter pour pouvoir produire encore et se maintenir en état de fonctionner. Une stratégie à mettre en oeuvre, au jour le jour, pour Luc Mary : « Avec les vacances scolaires, très clairement nous avions intégré que nos ventes ne seraient pas formidables fin avril mais avec une reprise début mai. En revanche, avec les fêtes de Pâques, nous aurons forcément une réduction de la vente de viande d’agneau et de bêtes de concours ». L’équipe dirigeante qui est en train d’établir des plans prévisionnels en incluant les outils que l’État français mettra à sa disposition, notamment des solutions bancaires, face aux charges salariales pour être prêt à repartir dès que possible. Sicaba qui prévoit, sur les mois de mars et d’avril, une réduction de 50 à 60 % de son activité. Privilégier les filières de qualité face à la crise, Sicaba va miser, avec ses adhérents, sur ses filières de qualité comme les label rouge et AB. Une mesure qui ne sera pas sans conséquence pour les éleveurs qui devront freiner l’alimentation de leur bétail pour étaler les abattages sur l’ensemble du mois d’avril pour faire face à une consommation en baisse de la clientèle.

« Aider les producteurs en mangeant local »

Une crise sanitaire et des mesures de confinement qui mettent à maltoute une filière. Sicaba qui espère un soutien des producteurs de la part des consommateurs, en consommant local. Un état d’esprit soutenu par Luc Mary : « Si tout le monde mange un morceau d’agneau bourbonnais à l’occasion des fêtes de Pâques,les éleveurs en seront d’autant plus soutenus ».

SÉBASTIEN JOLY, L’ALLIER AGRICOLE

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Allier Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui