L'Allier Agricole 17 février 2016 à 16h00 | Par M.Renaud

Le mulching à l’épreuve du temps

La dernière assemblée générale de la FDCeta revenait très largement sur l’essai de la technique du mulching testée en décembre 2014 à Toulon-sur-Allier.

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En décembre 2014, une dizaine d’hectares du domaine des Cuins à Toulon-sur-Allier étaient le théâtre d’une journée consacrée à la technique du mulching, présentée comme une alternative au labour. Le mulching consiste à incorporer les résidus de cultures végétaux (pailles, cannes de maïs) finement broyés à la récolte.

Une parcelle pas choisie au hasard

« L’objectif était d’étudier, grâce à des tests grandeur nature, de nouvelles techniques sur une parcelle qui n’a pas été choisie au hasard, car elle rassemblait trois types de sols : sableux, sablo-limoneux et argileux », commente Maurice Lemaire, maître des lieux et adhérent à la Fédération départementale des Ceta de l’Allier qui tenait son assemblée générale, jeudi 11 février dernier à Chézy.

Pas de compétition entre les constructeurs

Pour avoir des résultats concrets, il fallait des outils(*) que les constructeurs se sont chargés d’accompagner sur le site. Pour autant, « il ne s’agissait pas d’opposer un constructeur par rapport à un autre mais bien d’observer les différents résultats de cette technique ». Des outils qui ont dû prouver toute leur efficience du fait des conditions climatiques hivernales : « Entre le moment de la récolte et le mois de décembre, les conditions ont été très humides, se souvient Julien Landrieaux, agro-pédologue. Cela a permis de démontrer tout de suite les limites des outils, ce qui n’est pas plus mal au final ».

Observation

Des outils et des constructeurs qui ne pouvaient pas tricher et des critères d’observation, eux aussi, bien affinés comme le mentionne Julien Landrieaux : « Nous avons été attentifs à la profondeur du travail du sol, à la fissuration, à l’existence de semelles, de bulles d’humidité, à des phénomènes de compactions et enfin à l’aspect général ».

Bilan

Avant de délivrer ses conclusions, Maurice Lemaire se veut prudent : « Nous parlons d’outils particuliers, utilisés dans des conditions particulières, sur des parcelles appartenant à un système particulier ». Pour autant, le spécialiste a pu constater « une meilleure dégradation des résidus avec des disques avants » ainsi que des avantages à l’utilisation d’outils dont l’espacement entre les dents est faible.

Une terre plus fine

Après avoir accueilli cette journée d’essais, les machines sont parties et les parcelles sont restées, et il aurait été stérile de les traiter comme d’autres : « On n’est pas du tout dans la même configuration de sol derrière un mulching que derrière un labour, constate Julien Landrieaux. Il fallait donc partir sur un rouleau flottant dont l’appui est moindre puisque la terre est plus fine et le sol sèche moins vite par rapport à un labour ».

Conclusions ?

Alors, plus d’un an après cette expérience, est-il possible de tirer des conclusions ? : « En première année, nous n’avons pas constaté d’effets négatifs sur les rendements », note Julien Landrieaux. « C’est sur les trois prochaines années qu’il faudra observer », ajoute Maurice Lemaire. Les rendements, le  temps de travail, l’aspect sanitaire ou encore l’enherbement seront ainsi scrutés.

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« Nous n’avons pas l’intention, ni les moyens d’ailleurs, de casser les filières. Ce que nous voulons, c’est revoir les cahiers des charges pour que les éleveurs soient intégrés à la négociation »

Geoffrey Rivaux, président des Jeunes Agriculteurs de l'Allier

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