L'Allier Agricole 30 juin 2020 à 07h00 | Par Actuagri

Les exportations de la campagne 2019-2020 revues à la hausse

MARCHÉS DES CÉRÉALES La crise sanitaire de la Covid-19 n’aura pas impacté les ventes de céréales au cours de la seconde moitié de la campagne qui s’achève le 30 juin prochain. Les utilisations domestiques ont été modifiées à la marge.

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Les échanges commerciaux de céréales se sont déroulés, au cours des dernières semaines, dans un environnement monétaire fortement perturbé. Les pays émergents, englués dans la crise sanitaire de la Covid-19, voient leur monnaie s’effondrer, rendant leurs céréales plus compétitives à l’export. L’euro est une des rares devises à s’être réévaluée par rapport à l’ensemble des monnaies. Ceci dit, les opérateurs français ont bien répondu aux nouveaux appels d’offres de pays importateurs. Selon FranceAgriMer (FAM), la France aura ainsi exporté  21,44 Mt de blé d’ici fin juin, soit 23,3 % de plus que l’an passé : 7,628 Mt auront été expédiées depuis le début de l’actuelle campagne vers l’Union européenne (UE) et 13,45 Mt vers les pays tiers. Le mois passé, FAM tablait sur 7,608 Mt et 13,3 Mt.

40 000 tonnes de blé de plus que prévu

Hors de l’UE, la Chine (1,3 Mt déjà acheté en mai) devient le troisième pays importateur de blé français après le Maroc (1,75 Mt) et l’Algérie (4,81 Mt). FAM se réjouit aussi de l’existence de nouveaux courants d’affaires vers la Tunisie et le Yemen. Selon Jean-François Loiseau, président d’Intercéréales, la souveraineté alimentaire de notre pays ne doit pas conduire à son enfermement après trois mois de confinement. « Mais les céréales exportées devront être de qualité irréprochable car nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle pandémie », a-t-il déclaré au terme du conseil « grandes cultures » des marchés agricoles de FAM. Malgré les performances à l’export, la France achèvera la campagne avec des stocks de blé en hausse de 10,9 % : 2,76 Mt de blé seraient stockées contre 2,49 Mt un an auparavant. Les fabricants d’aliments ont délaissé en cette fin de campagne le blé au profit du maïs meilleur marché. Par ailleurs, le marché intérieur porte les stigmates de l’économie française confinée : 40 000 t de blé de plus que prévu auront été dédiées à la panification ces dernières semaines.

Bonne dynamique sur l’orge

Pour l’orge, la France achèvera aussi la campagne avec des stocks de report (1,66 Mt), en hausse de 25 % par rapport à leur niveau de l’an passé malgré les bonnes performances à l’export (9 Mt ; + 18 % sur un an). Toutes destinations confondues, 7,7 Mt de grains auront été vendues contre 6,2 Mt l’an passé. Mais moins de malt a été exporté (1,29 Mt contre 1,42 Mt) car les brasseries ont produit moins de bière durant les trois mois du confinement de l’économie européenne. Les prévisions de vente à l’export vers l’UE et les pays tiers ont été réévaluées par rapport au mois précédent par FAM. D’ici la fin du mois de juin, 3,9 Mt auront été expédiées (+ 120 000 tonnes) « en raison du dynamisme des achats de la Belgique et des Pays-Bas en orges fourragères », souligne l’organisme public. Dans le même temps 3,8 Mt seront exportées hors de l’UE (+ 150 000 tonnes par rapport aux prévisions de mai dernier). Sur le marché intérieur, davantage d’aliments à base d’orge a été fabriqué (1,4 Mt contre
1,02 Mt un an auparavant).

Reports de stocks identiques

Malgré la petite récolte de blé dur (1,57 Mt, -0.2 Mt sur un an) quasiment autant de grains ont été consommés ou exportés (2,086 Mt contre 2,11 Mt) que l’an passé. L’industrie de la semoulerie aura transformé 520 000 tonnes de grains (+ 30 000 t sur un an). La consommation de pâtes a été boostée par les achats des ménages au début de la période de confinement. Pour le maïs, 10,8 Mt auront été utilisées d’ici fin juin (dont 2,8 Mt pour la fabrication d’aliments) et auront été exportées (4,2 Mt). Avec un Mt de grains disponibles en moins au début de la campagne, les utilisations domestiques auront diminué d’autant sur un an et les exportations de 140 000 tonnes. La campagne s’achève avec des stocks de report équivalents à ceux de l’an passé alors que la production de maïs s’annonce abondante en France et dans le monde.

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