L'Allier Agricole 29 juillet 2015 à 17h00 | Par M.Renaud

Malgré les barrages, la situation reste bloquée

Durant trois jours, les éleveurs se sont mobilisés à l’appel de la FNSEA et des JA. Barrages, visites des supermarchés, blocages : autant de moyens pour se faire entendre et réclamer des prix rémunérateurs.

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«Quelles sont vos revendications ? », s’essaie maladroitement Jean-Claude Bruni, propriétaire de l’Intermarché de Lapalisse, visité mercredi 22 juillet dernier par une délégation FNSEA 03 / JA 03.
- Vaste question, répond du tac au tac Jérémy Leroy, secrétaire général des JA 03. Si, parvenir à vivre de notre métier, ce ne serait déjà pas si mal ! .
- Nous ne sommes que des distributeurs, ce n’est pas à nous qu’il faut s’adresser mais à ceux qui sont entre vous et nous .
- Nous le connaissons par cœur ce discours, chacun se renvoie le balle et pendant ce temps-là, c’est nous agriculteurs qui sommes en souffrance.

7 centimes de hausse au lieu de 25
Partout dans le département, les mêmes échanges. Les mêmes questions, les mêmes réponses, mais pas les bonnes. Pas celles qu’attendent les éleveurs qui se sont vus promettre il y a plusieurs semaines une hausse graduelle des prix de cinq centimes par semaines après plusieurs jours de blocages des abattoirs. « Nous avons enregistré une augmentation de sept centimes payée au producteur par kilo de viande alors que nous devrions déjà être à 25 centimes, résume Thibault David, administrateur national JA. Nous avons réclamé une hausse de cinquante centimes minimum, ce qui nous permettrait de ne plus perdre d’argent. Cette hausse a déjà été enregistrée dans les rayons mais nous ne la voyons pas ».

« C’est pas moi, c’est l’autre  »
Alors où sont passés ces précieux centimes qui manquent si cruellement à la trésorerie des éleveurs : « Voilà bien toute la question à laquelle nous voudrions bien répondre, s’insurge Gilles Cabart, vice-président de la FNSEA 03. Industriels et distributeurs disent : « C’est pas moi, c’est l’autre »,  nous connaissons cela par cœur. Essayer d’y voir plus clair et mettre chacun devant ses responsabilités, voilà tout l’enjeu de nos blocages qui ciblent à la fois les Grandes et moyennes surfaces et les abattoirs ». Frédéric Blanchonnet, président de la section bovine de la FNSEA 03, se veut nuancé :
« Le monde de la viande et les circuits qui mènent du producteur à l’assiette du consommateur sont tellement complexes qu’il n’est pas possible de généraliser ni de dire que tel morceau a enregistré une hausse et l’autre pas. C’est bien d’une moyenne dont on parle et le compte n’y est pas ».
Les éleveurs ne se sont pas contentés de déverser leur mécontentement devant les grandes surfaces du département. Le mouvement a duré notamment à Saint-Pourçain-sur-Sioule et Montmarault (voir en images, page 4) ou plusieurs irréductibles ont bloqué les routes et les ronds-points pour crier leur colère.

Contrôle des camions
À Montmarault, ils ont fait le bonheur des automobilistes avec l’opération péage gratuit durant trois jours. Objectif : sensibiliser le grand public et contrôler les transporteurs. « Nous avons trouvé encore beaucoup trop de viande étrangère dans les camions qui distribuent le pays, constate avec effarement Martine Durin, secrétaire générale de la FNSEA 03. Nous n’allons pas relâcher la pression et faire circuler notre « Brigade de la viande » dans les semaines à venir. Montmarault constituait vendredi matin l’un des derniers points de blocage français. Le blocage a été levé, la circulation a repris mais le combat continue pour les éleveurs qui prévoyaient déjà de nouvelles actions dans les jours à venir.

Retrouvez deux pages consacrées à la crise de l'élevage
dans l'Allier Agricole n°1022, daté du jeudi 30 juillet


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Depuis  plusieurs  jours,  les  départements  du  Massif  Central  se  sont  fortement mobilisés sur les prix. Des premières avancées ont pu être obtenues (augmentation du prix de la viande par les GMS et conclusion d’un prix de 340 € / 1.000 litres dès le mois d’août sur le lait).
« Nous savons que ces avancées nécessitent un contrôle de leur mise en œuvre », insiste le Syndicat qui cible désormais les acteurs de la filière qui ne les respecteront pas.
Ainsi : « Toutes  les  laiteries  devront  respecter  les  engagements  pris.  Les  augmentations consenties  par  les  GMS  dans  la  viande  bovine  devront  arriver  dans  les  cours  de ferme.  Les  cibles  seront  donc  les  abatteurs,  coopératives  ou  négociants,  qui  ne respecteront pas les augmentations ».
De  plus, la FRSEA se dit « stupéfaite » par  le contenu de certains camions : « Encore et encore du lait et de la viande d’origine étrangère ! Il est évident que les  enseignes de la grande  distribution qui ne joueront pas le jeu des produits français resteront des cibles privilégiées ».
Pour frapper un peu plus fort, une nouvelle cible s’additionnera à ces  actions :  la restauration  hors foyer, privée comme publique, elle aussi grande consommatrice de produits importés.


➜ Cette mise sous  surveillance du respect  des engagements pris en lait comme en  viande nécessitera des actions ciblées les jours prochains  à l’initiative de chaque département.
FNSEA 03 : 04 70 44 49 48

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« Nous n’avons pas l’intention, ni les moyens d’ailleurs, de casser les filières. Ce que nous voulons, c’est revoir les cahiers des charges pour que les éleveurs soient intégrés à la négociation »

Geoffrey Rivaux, président des Jeunes Agriculteurs de l'Allier

Le chiffre de la semaine
297
producteurs recensés "Bio" dont 39 conversions en 2015 : 14 ateliers bovins viande, 13 ateliers grandes cultures, quatre ateliers légumes, deux ateliers Plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM), deux ateliers ovins, un atelier fruit et un atelier bovins lait.

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