L'Allier Agricole 04 septembre 2022 a 07h00 | Par JCD & Sébastien Joly

Moissons :Les rendements font le grand écart, mais la qualité est là

« Une disparité inédite des rendements » mais une qualité satisfaisante caractérisent la moisson 2022, ont souligné le 10 août FranceAgriMer et les instituts techniques. La production de céréales à paille ressort en baisse, celle de colza en hausse, selon le ministère de l’Agriculture au 1er aoû

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- © © Axereal - Didier Depoorter

Des rendements « très hétérogènes selon le type de sol » mais aussi un recul des surfaces, sauf en orge, mènent à une production de céréales à paille en repli de 4 % par rapport à la moyenne des dix dernières années, d’après un communiqué de FranceAgriMer et les instituts techniques Arvalis et Terres Inovia. Si le bilan de la moisson est mitigé côté volume, avec le colza en hausse, la qualité donne satisfaction: elle « permettra de répondre aux attentes des marchés ». Les céréales et l’oléagineux ont bénéficié de bonnes conditions d’implantation et de développement à l’automne. Un printemps exceptionnellement chaud et sec a ensuite affecté la densité des épis de céréales, surtout en sols superficiels, mais le fort rayonnement a favorisé la fertilité, en particulier dans les sols profonds. FranceAgriMer et les instituts pointent aussi le retour des pluies début juin qui a contribué au bon remplissage des grains dans les zones les plus tardives.

Blé tendre : une récolte en baisse

Le service statistique du ministère de l’Agriculture (Agreste) a annoncé le 5 août une récolte de 33,9 Mt pour le blé tendre, en baisse de 3,1 % par rapport à 2017-2021. Fait notable, la région Centre voit son rendement et sa production diminuer, devancée par la Picardie qui devient la première région productrice, grâce à un rendement en hausse, d’après une note. La moyenne nationale est estimée à 72,1 q/ha (contre 71,1 q/ha en 2021). FranceAgriMer, Arvalis et Terres Inovia soulignent que les régions du grand quart nord-ouest ont des rendements proches ou supérieurs à la moyenne quinquennale. De fortes disparités locales sont aussi relevées, en lien avec les stress hydrique et thermique, et ponctuellement le gel et la grêle. Côté qualité, les teneurs en protéines sont élevées à très élevées au sud du pays, d’après leur communiqué. Sur la moitié nord, elles sont généralement satisfaisantes, autour de 11 %, mais très hétérogènes. Les poids spécifiques apparaissent variables, mais restent généralement aux niveaux attendus par les marchés. Ils sont élevés à très élevés dans le tiers nord de la France. Malgré les épisodes orageux intervenus au moment de la récolte, les indices de chute de Hagberg sont compatibles avec un usage en alimentation humaine dans la plupart des cas.

Blé dur : des rendements très contrastés

La production de blé dur est chiffrée à 1,4 Mt (-14,2 % sur un an) avec 53 q/ha, un rendement proche de celui de 2021 (53,8 q/ha) mais très contrasté d’une région à l’autre. « Dans les Pays de la Loire et en région Centre, les rendements augmenteraient respectivement de 3,4 q/ha et 6,0 q/ha sur un an. En revanche, ils diminueraient sur un an en Paca (-10,2 q/ha), en Midi-Pyrénées (-2,2 q/ha) et en Poitou-Charentes (-3,4 q/ha) », souligne Agreste. Cette hétérogénéité se retrouve dans la qualité, globalement satisfaisante. Les teneurs en protéines atteignent régulièrement les 14 %, à l’exception du Sud-Est, notent FranceAgriMer et les instituts. Dans l’ensemble, les poids spécifiques sont satisfaisants ; très variables dans les bassins Ouest-Océan et Sud-Ouest, ils sont corrects dans le Sud-Est à très bons dans le Centre. La moucheture est très peu présente et le mitadinage reste limité.

Progression de l’orge d’hiver

La récolte d’orge d’hiver est évaluée à 8,4 Mt (+2,2 % par rapport à la moyenne quinquennale), avec 65,5 q/ha. « En dépit des conditions extrêmes rencontrées au printemps, les rendements seraient supérieurs à la moyenne quinquennale dans la moitié nord du pays », relèvent FranceAgriMer et les instituts. Les teneurs en protéines sont assez homogènes et « en phase avec les besoins des malteurs ». Les fortes températures au moment du remplissage ont eu des effets contrastés, selon le type de sol, sur les poids de mille grains, les poids spécifiques et les calibrages qui apparaissent hétérogènes, de faibles à élevés. « Cette année, les orges de printemps semées à l’automne présentent des rendements et une qualité supérieure aux orges d’hiver », ajoute le communiqué.

Décrochage en orge de printemps

La production d’orge de printemps chute à un peu moins de 3 Mt (-8,3 % sur un an et -15,8 % par rapport à la moyenne quinquennale), avec 53,1 q/ha (contre 61 q/ha en 2021). « Les orges de printemps ont particulièrement souffert des conditions climatiques de mai-juin, expliquent FranceAgriMer et les instituts. Les teneurs en protéines sont variables et souvent élevées. Les calibrages sont jugés bons à très bons.

Le colza affiche des rendements records

La production de colza grimpe à 4,3 Mt (+31,6 % sur un an), avec 35,7 q/ha. FranceAgriMer, Arvalis et Terres Inovia retiennent une « campagne culturale propice » à l’oléagineux. La faible pluviométrie a toutefois engendré des stress hydriques, notamment dans le Sud-Ouest et en Poitou-Charentes. Les épisodes caniculaires sont régulièrement à l’origine de faibles poids de mille grains. Le taux d’huile moyen est chiffré autour de 44,5 %, au-dessus de la moyenne quinquennale (43,2 %).

Protéagineux : un bilan contrasté selon les régions

La production de pois protéagineux (hors mélanges) accuse un repli à 431 000 t (contre 551 000 t en 2021) avec un rendement national quasi-stable de 29,6 q/ha. « La faible pluviométrie de l’année et les épisodes de chaleur lors de la floraison ont pénalisé les pois et féveroles de printemps dont les rendements sont décevants (moins de 20 q/ha en moyenne en Poitou-Charentes et Bourgogne, autour de 27 q/ha dans les Hauts-de-France) », notent FranceAgriMer et les instituts. Les variétés d’hiver, davantage présentes en proportion dans l’Est et le Bassin parisien, ont échappé partiellement au stress hydrique. Si leur rendement est faible en terres superficielles (28 q/ha en moyenne), il dépasse 40 q/ha en terres profondes.

Grains : la production mondiale revue à la baisse, plombée par le maïs

Le Conseil international des céréales (CIC) a revu le 18 août ses estimations en baisse concernant la récolte mondiale de grains, plombée par le maïs. À 2 248 Mt, la production de grains dans le monde est réduite de 4 Mt par rapport à juillet, vu « des ajustements à la baisse pour le maïs et le sorgho (qui) font plus que compenser une hausse pour le blé », selon un rapport. La récolte de maïs est prévue à 1 179 Mt (contre 1 189 Mt en juillet). « En partie du fait d’une hausse des besoins d’importations de maïs dans l’UE, les échanges mondiaux sont corrigés en hausse de 3 Mt » de grains, à 409 Mt, poursuit le CIC. La consommation mondiale de grains est quant à elle estimée à 2 274 Mt, en repli de 3 Mt, « principalement pour traduire une estimation moindre concernant l’affouragement, en lien avec les perspectives globales d’une offre plus tendue ». Les stocks mondiaux, à 577 Mt (contre 583 Mt en juillet), sont estimés à « leur plus bas niveau en huit ans », le maïs, le blé, l’orge et le sorgho affichant des diminutions par rapport à la campagne précédente.

- © Agritwittos

DANS L'ALLIER

Denis Beauchamp, responsable de la collecte de la coopérative agricole Coopaca et de la commercialisation de l’Ucal :

ν Blé tendre : autour de cinquante quintaux à l’hectare. 20% environ déclassés suite à des problèmes de germination.

ν Blé dur : avec quarante tonnes récoltées, c’est une production marginale pour l’Allier.

ν Orge : entre 45 et 50 quintaux à l’hectare avec une prédominance d’orge d’hiver.

ν Colza : entre 25 à 30 quintaux à l’hectares. Une situation plutôt bonne cette année.

ν Protéagineux : une production presque absent sur le département.

ν Maïs : sans doute des récoltes en baisse, entre 20 et 30% de moins par rapport à la campagne précédente.

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