L'Allier Agricole 17 mars 2016 à 08h00 | Par M.Renaud

Passer la barre des dix pour cent de mortalité

Le docteur Pierre Autef, vétérinaire à Bellac, était le principal intervenant de la journée technique « Sanitaire en élevage ovin » du jeudi 10 mars dernier au lycée agricole du Bourbonnais de Neuvy. Le thème de sa présentation : « Diminuer la mortalité des agneaux ».

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- © AA

Vétérinaire à Bellac et, notamment, président de la Commission ovine de la Société nationale des groupements techniques vétérinaires (SNGTV), Pierre Autef intervenait, jeudi 10 mars dernier, sur le thème « Diminuer la mortalité des agneaux ».

L’Allier Agricole : Jusqu’à quel seuil la mortalité des agneaux est-elle acceptable en élevage ?

Pierre Autef : Elle varie considérablement d’un élevage à l’autre mais on considère que la moyenne est d’environ 10 %. La majorité des élevages se situent dans cette fourchette. Au-delà de 15 %, il faut commencer à se poser des questions sur les causes de cette mortalité et au-delà de 20/25 %, cette surmortalité menace la viabilité économique de l’élevage.

AA : Quelles sont les causes principales de cette mortalité ?
PA : Les deux principales causes seront l’avortement et le syndrome d’hypothermie et d’inanition. Viennent ensuite les accidents qui arrivent lors de la mise bas (difficulté, étouffement…).  Enfin, les infections entraînant, par exemple, diarrhée et pneumonie, sont responsables de 15 à 20 % des morts.

AA : Si l’hypothermie, l’inanition et les accidents lors de la mise bas ne sont guère prévisibles, le risque infectieux peut lui être anticipé, non ?
PA : Oui, il est impératif de travailler afin de diminuer le risque en amont et tout de suite après la mise bas. Cela passe par la vaccination, le soin du cordon et une attention toute particulière au moment de la pose des boucles et de la caudectomie.

AA : Le colostrum est également central, quand doit-il être délivré ?
PA : Dans les douze premières heures impérativement et dans les six premières idéalement. Au-delà de 24 heures, les immunoglobulines (les anticorps) ne rentrent plus dans la muqueuse intestinale. Ce qui compte dans le colostrum, c’est à la fois sa quantité, sa qualité et sa rapidité d’absorption. Pour que le colostrum soit efficace, l’éleveur doit se pencher dessus dès le dernier tiers de gestation en prenant soin de délivrer une alimentation adaptée d’un point de vue protéique et énergétique.

AA : Les conditions matérielles de mise bas ont également leur importance…
PA : Tout à fait. On pourrait juger que cela relève du bon sens de l’éleveur, mais il est toujours utile de le rappeler. Les cases d’agnelage individuelles sont très importantes pour que la brebis puisse prendre correctement soin de son agneau sans risquer de se le faire voler. La litière doit être propre et l’animal doit boire en qualité suffisante sous peine de voir la qualité de son colostrum se dégrader.

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la phrase de la semaine

« Nous n’avons pas l’intention, ni les moyens d’ailleurs, de casser les filières. Ce que nous voulons, c’est revoir les cahiers des charges pour que les éleveurs soient intégrés à la négociation »

Geoffrey Rivaux, président des Jeunes Agriculteurs de l'Allier

Le chiffre de la semaine
297
producteurs recensés "Bio" dont 39 conversions en 2015 : 14 ateliers bovins viande, 13 ateliers grandes cultures, quatre ateliers légumes, deux ateliers Plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM), deux ateliers ovins, un atelier fruit et un atelier bovins lait.

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