L'Allier Agricole 22 septembre 2020 à 07h00 | Par Sébastien Joly

Philippe Testard, directeur du lycée agricole de Montluçon-Larequille

« Former les professionnels de demain »

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- © AA03

Agé de 48 ans, lyonnais de naissance, père de trois enfants, Philippe Testard prend les rênes du lycée agricole de Montluçon-Larequille, après avoir oeuvré au lycée agricole du Bourbonnais en tant que directeur-adjoint.

Philippe Testard, vous avez quitté le lycée agricole du Bourbonnais pour rejoindre celui de Montluçon-Larequille. Vous occupez désormais la fonction de directeur. Revenons ensemble sur votre parcours professionnel ?
Philippe Testard : Mon parcours avant d’arriver à Durdat a été très hétéroclite, mes études secondaires se sont conclues par un bac C (scientifique). Je rêvais d’aller à l’université, ce que j’ai fait, mais en faisant un double cursus atypique : médecine & DEUG d’anglais. J’ai obtenu mon DEUG et fait quatre années de médecine avant de bifurquer par manque de vocation.
Je me suis engagé en géographie jusqu’au DEA en hydrologie. Je me destinais à aller jusqu’au Doctorat pour devenir enseignant-chercheur.
Pendant la 1ère année de Doctorat, j’ai répondu à une offre de remplacement de quinze jours dans l’enseignement agricole que je ne connaissais pas et j’ai eu un coup de foudre pour ce type d’établissement. Je suis devenu professeur d’histoire-géographie et j’ai aussi enseigné l’agronomie plus ponctuellement. J’ai travaillé dans une dizaine d’établissements, principalement en Auvergne et Rhône-Alpes, mais aussi en Lorraine et ailleurs. Cela a été très formateur de voyager !
En 2014, j’ai décidé de reprendre des études en Master 2 (études rurales) à l’Université de Lyon en travaillant sur l’élevage caprin dans les Alpes. J’ai ensuite eu envie de passer à autre chose professionnellement. Après avoir réussi la liste d’aptitude, je suis devenu chef d’établissement en 2017 en tant qu’adjoint à Neuvy et me voici désormais Directeur à Montluçon-Larequille.


La rentrée 2020 a eu lieu il y a désormais une quinzaine de jours dans des conditions particulières.
Comment s’est-elle déroulée ? Comment vos équipes se sont-elles adaptées ?
P.T : La rentrée a été sereine. Les effectifs se maintiennent. Avant la rentrée, nous avons mis à jour nos procédures selon les textes en vigueur. Il s’agit d’adapter ces textes à nos installations: cantine, internat, salles de cours… Nous nous sommes aussi appuyés sur ce qui avait été mis en place l’année dernière. En résumé, ce sont les gestes barrières et le port du masque qu’il s’agit de faire appliquer.
Finalement c’est comme partout avec quelques contraintes supplémentaires toutefois !

Le lycée de Montluçon-Larequille forme, chaque année, des élèves aux métiers de l’agriculture, de l’horticulture et des paysages. Pouvez-vous nous présenter cet établissement ?
P.T : C’est un lycée professionnel spécialisé dans les formations agricoles  (élevage), paysagères et horticoles. L’avantage c’est que nous jouons à la fois la carte de la proximité tout en offrant un internat aux plus éloignés. Pour un établissement de presque soixante ans il a de l’avenir et la retraite n’est pas au programme !
Nous avons une classe de 3e de l’enseignement agricole qui propose 7 heures de pratique dans chacune de nos trois voies de formation. C’est une aide à l’orientation pour nos élèves. Nous proposons aussi un CAPA (2 ans) qui forme aux métiers de l’élevage des ruminants et un autre qui prépare aux métiers de l’horticulture. Nos deux bacs professionnels  tournés vers l’élevage et l’aménagement paysager permettent aux élèves soit de s’installer, soit de poursuivre leurs études après le bac. Nous les encourageons à le faire. Grâce aux semaines de stage chez les professionnels et collectivités, l’insertion professionnelle se fait peu à peu. Je tiens à dire que l’ensemble du personnel se mobilise de manière très positive, les enseignants sont dynamiques, me proposent beaucoup de projets, comme nos partenaires institutionnels qui m’ont assuré de leur soutien et de leur volonté de travailler avec nous. Nous avons la reconnaissance de nos compétences.

Dans quelle direction, vers quels projets voulez-vous porter cet établissement ?
P.T : J’ai plutôt un profil de « développeur ». Je souhaite que les effectifs augmentent car nous restons en-dessous de notre potentiel d’accueil. Je souhaite aussi engager l’établissement dans des projets de modernisation et d’embellissement. Pour cela, nous allons associer nos élèves, qui sont passionnés de production et de nature, dans leur immense majorité. Nous devons bien entendu former les professionnels de demain en tenant compte des exigences de notre ministère, des demandes sociétales et bien entendu de ce que nous pouvons réaliser pour les branches professionnelles avec lesquelles nous travaillons. Nos programmes se réforment  et nous avons dans notre vocation le devoir d’expérimenter, autant que produire. Nous savons que certaines difficultés ne se règlent pas sans réagir et notre ministère nous demande d’évoluer, d’explorer parce que c’est notre devoir. Je tiens à ce que nos élèves connaissent un maximum de situations variées pour pouvoir ensuite choisir celle qui leur conviendra. Cette approche est finalement une aide à la décision, un gage de liberté de choix et d’agilité technique pour le futur professionnel.

La passion de votre métier vous anime ! L’emploi du temps d’un chef d’établissement ne laisse, on l’imagine, que peu d’espace pour les loisirs. Néanmoins, en pratiquez-vous ?
P.T : Je rêve effectivement d’avoir plus de temps libre, mais les exigences du métier sont ainsi. J’ai un passé de sportif triathlète en longues distances que je ne peux plus pratiquer. Désormais je nage, je fais du vélo et je cours un peu, surtout le weekend. Je reste aussi un joueur d’échecs, j’ai également abandonné la compétition de haut niveau et le monde associatif. J’espère un jour reprendre un peu la compétition pour voir si mes neurones ne sont pas trop défaillants… Je suis aussi un passionné de lecture, autant dire que je ne connais pas l’ennui.

Propos recueillis par Sébastien Joly

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