L'Allier Agricole 12 janvier 2016 à 08h00 | Par M.Renaud

Plus de report pour l'obtention du « certiphyto »

L'interdiction de vente des produits de protection des plantes aux personnes non détentrices d'un « certiphyto » est applicable depuis le 26 novembre dernier.

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Durant plusieurs semaines, Laurent Veniat a eu un « goût de ferraille dans la bouche ». Une désagréable sensation qui l'interroge et le pousse à composer le numéro d'un centre antipoison qu'il trouve au dos d'un flacon de produit phytopharmaceutique : « Au final, pas de quoi s'inquiéter mais c'est l'une des expériences qui me font dire que les produits que l'on manipule ne sont pas inoffensifs. Il est essentiel de les utiliser avec précaution ».

Une combinaison adaptée

Au sein du Gaec de Chaussières à Hérisson, Ludovic Lamarque, Laurent et Nicolas Venuat ne plaisantent pas avec les produits phytos. Sur l'exploitation, ce sont les deux premiers qui ont principalement à faire à ces produits. Si Laurent a obtenu son Certiphyto il y a quelques années, Ludovic l'a passé en septembre dernier. « Au cours de cette formation, j'ai notamment pris conscience de l'importance de la combinaison qui doit être complète allant des bottes au masque. J'ai aussi compris qu'il ne faut pas hésiter à s'équiper correctement quitte à y mettre quelques euros de plus ... »

La bonne dose au bon moment

En charge de la partie semis, Ludovic a aussi été sensibilisé aux doses à utiliser : « Il est vain de croire que plus les doses sont importantes, plus l'intervention sera efficace. Il faut respecter les doses et procéder en fonction de ses besoins. Ici, nous avons, depuis plusieurs années, fait le choix d'en utiliser le minimum tant que cela fonctionne ». Un avis largement partagé par son aîné Laurent qui s'attèle aux désherbages (Glyphosate avant le semis et anti-graminées et anti-licotte) : « Cela ne sert absolument à rien de surdoser, mieux vaut toujours doser intelligemment. Le tout dans une logique tout aussi environnementale qu'économique. Même en étant plutôt peu gourmands, les produits phytopharmaceutiques représentent déjà un sacré budget ». A la louche, l'achat de phytos coûte 15 000 euros au Gaec par an.

Questions à Christelle Damoret-Johannel, formatrice Certiphyto à la Chambre d'agriculture.

Encore des sessions de formation

Depuis le 26 novembre dernier, le Certiphyto est obligatoire pour pouvoir manipuler des produits phytopharmaceutiques, reste-t'il des sessions de formation ?

Nous en faisions jusqu'à maintenant deux sessions par mois, nous sommes aujourd'hui à une seule session. Il n'est pas trop tard pour y prendre part et nous continuons de recevoir des appels.

Comment s'organise cette formation ?

Elle dure deux jours durant lesquels nous abordons différents sujets : la connaissance des produits, les risques pour l'environnement, la manière de s'équiper correctement. Une grande partie est également consacrée à trouver des pistes afin de réduire les phytos. Nous travaillons aussi en petits groupes sur des cas concrets pour essayer d'apporter des solutions aux exploitants rencontrant des problèmes spécifiques chez eux.

Quels rapports entretiennent les utilisateurs avec ces produits ?

Il est toujours utile de revenir sur les règles élémentaires de manipulation et de prendre le temps de rappeler l'importance de la sécurité et de l'équipement. En ferme, la majorité des exploitants ont conscience des risques et travaillent d'eux-mêmes à une réduction en appliquant les doses minimales.

Quelles sont les motivations des agriculteurs à travailler sur la réduction des phytos ?

C'est d'abord une obligation réglementaire qui rentre dans le cadre du plan Ecophyto. C'est ensuite une volonté de réduire les charges en rationnalisant l'utilisation des produits. Vient enfin la conscience environnementale.

Qui sont les interlocuteurs des agriculteurs sur le terrain ?

Ils traitent principalement avec les négoces et les Coop'. Nous proposons également une prestation de conseil ici à la Chambre d'agriculture avec des tours de plaines organisés régulièrement.

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la phrase de la semaine

« Nous n’avons pas l’intention, ni les moyens d’ailleurs, de casser les filières. Ce que nous voulons, c’est revoir les cahiers des charges pour que les éleveurs soient intégrés à la négociation »

Geoffrey Rivaux, président des Jeunes Agriculteurs de l'Allier

Le chiffre de la semaine
297
producteurs recensés "Bio" dont 39 conversions en 2015 : 14 ateliers bovins viande, 13 ateliers grandes cultures, quatre ateliers légumes, deux ateliers Plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM), deux ateliers ovins, un atelier fruit et un atelier bovins lait.

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