L'Allier Agricole 15 juin 2016 à 08h00 | Par sophie chatenet

Quelle alternative aux néonicotinoïdes ?

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Alors que le projet de loi sur la reconquête de la biodiversité ne cesse de faire des allers-retours entre le Sénat et l’Assemblée nationale, son vote prochain pourrait conclure à l’interdiction des produits de la famille des néonicotinoïdes. Des opinions plus ou moins étayés s’affrontent sur l’existence de solutions alternatives efficaces, voire sur l’utilité de ces insecticides. Qu’en pensent les agronomes ? Que disent les résultats des travaux de recherche sur la protection des cultures ? En mai dernier, Arvalis a fourni des éléments de réponses en prenant l’exemple de l’imidaclopride, néonicotinoïde utilisé sur céréales à paille. Et les conclusions des ingénieurs ayant travaillé sur le sujet sont sans appel :
« En l’état actuel des techniques et des réglementations, il n’existe pas, sur les viroses des céréales de solution alternative aux néonicotinoïdes qui apportent la même efficacité, la même régularité et qui puissent être proposées aux producteurs sans conséquences sur leur revenu.

10 ans pour créer une nouvelle variété
La seule solution resterait des traitements insecticides en plein, et répétés deux voire trois fois en fonction du type d’année. L’automne/hiver 2015/2016 est caractéristique de ces années à risque, avec des dégâts très visibles et localement très graves. Cette pratique peut être efficace, quoique inférieure, au prix donc d’un accroissement de l’usage global d’insecticides et de l’apparition de risque de résistances qui impacteront leur efficacité à moyen terme. À terme, évidemment, d’autres solutions apparaîtront sans doute, soit génétiques (résistance des variétés), soit de biocontrôle. Ces solutions auxquelles la recherche publique et privée travaillent risquent de ne pas être disponibles en culture avant plusieurs années. À titre d’exemple, il faut environ 10 ans pour créer une nouvelle variété, et autant pour mettre au point une nouvelle solution chimique conventionnelle ou de biocontrôle et la faire homologuer par les autorités européennes et nationales », expliquent dans une note Nathalie Robin, Jean-Baptiste Thibord et Nathalie Verjux.

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