L'Allier Agricole 19 septembre 2018 à 11h00 | Par KARELLE TOURRET UNITÉ DIVERSIFICATION CHAMBRE D’AGRICULTURE DE L’ALLIER

Sécuriser son revenu et donner de la valeur ajoutée à l’hectare cultivé

On ne peut pas se lancer dans la diversification au hasard. Les conseils des techniciens de la Chambre d’agriculture de l’Allier pour réussir.

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L'agriculture se caractérise aujourd’hui par une pression foncière qui limite les agrandissements des structures, un revenu des agriculteurs de plus en plus conditionné aux aides PAC, et des cours qui fluctuent et dépendent des marchés à terme et des spéculations. Dans ce contexte, le choix d’augmenter la valeur ajoutée de ses hectares exploités par des productions commercialisées, en vente directe, peut-être un créneau à étudier.

Un marché avec une demande en légumes produits localement

Le marché des légumes de plein champ existe, mais l’offre est loin de satisfaire la demande. Bon nombre de collectivités, de GMS (grande et moyenne surface) et de restaurateurs souhaiteraient travailler avec des produits locaux.

La production dans l’Allier est aujourd’hui organisée avec des petites exploitations agricoles orientées sur le maraîchage, avec des gammes de légumes très diversifiées, avec des circuits de commercialisation s’adressant à une clientèle de particuliers (ventes sur les marchés, en paniers, à la ferme, …).

Les quantités produites avec ces systèmes d’exploitation sont souvent insuffisantes, la logistique pour satisfaire à des circuits de commercialisation avec des volumes plus importants peut sembler compliquée.

Une plateforme de mise en relation entre les collectivités, les établissements de restauration hors domicile et les producteurs, baptisée @grilocal03, a ainsi été mise en place par le conseil départemental de l’Allier. Chaque collectivité inscrit ses besoins en termes de produits et de quantité, et le producteur disposant de la marchandise peut ensuite se porter candidat pour répondre à la demande. Les produits concernés sont les fruits, les légumes, les viandes, les charcuteries, les produits laitiers, les pâtes, le pain, …

Pour les autres modes de commercialisation, c’est au producteur de prendre contact avec les GMS, les restaurateurs... L’objectif étant de connaître les besoins et les modalités pour travailler avec ces structures.

Intégrer des légumes de plein champ dans ses rotations, c’est possible

C’est dans un système de monoculture maïs que l’intégration d’une culture de légumes de plein champ sera la plus facile. Néanmoins, elle peut aussi s’envisager entre deux céréales à pailles, selon le légume produit.

Deux possibilités s’offrent au producteur

Choisir des espèces et variétés précoces, avec un cycle de production rapide.

Implanter à l’automne-hiver des espèces ou variétés au cycle plus long, à condition qu’elles soient tolérantes aux basses températures.

Différentes productions peuvent ainsi être envisagées

Les légumes racines, à produire en botte, tels que les radis, navets, betteraves et carottes. Globalement, le cycle est de deux à trois mois en hiver. Par exemple, un semis de radis effectué fin février permet une récolte dès le mois d’avril.

Les pommes de terre primeurs, avec un cycle de 70 à 90 jours. Plantées mi-février et protégées par un voile de forçage, la récolte peut avoir lieu dès la fin avril et jusqu’à mi-mai. Il faut pour cela planter de gros calibres, déjà germés, très peu profond.

Les légumes feuilles : épinards, laitues, mescluns, cresson, pourpier, scaroles et frisées. Semées en janvier, les jeunes pousses sont prêtes à être cueillies dès le mois de mars.

Les fèves, les petits pois et les pois mangetout pour les légumineuses peuvent être semées à l’automne ou en février.

Les bulbes : l’oignon blanc semé en février est récolté à partir d’avril pour la commercialisation en bottes. Les bulbes d’oignon et d’ail peuvent être aussi plantés à l’automne et cueillis au printemps avant maturité complète.

Techniques culturales : les essentiels

Utiliser des mottes : à moins de disposer d’abris (serres) pour semer et faire ses plants soi-même, il est très important d’utiliser des mottes. Cela assure une précocité d’environ dix jours et limite la concurrence avec les adventices.

Gérer la fertilisation pour les cultures d’hiver. En hiver, les températures faibles modifient les processus biologiques et chimiques, qui ont une influence sur le développement des plantes. Le sol étant froid, la minéralisation est plus lente. Il est conseillé d’apporter des matières rapidement minéralisables. L’aspersion peut être intéressante pour stimuler l’activité biologique.

Réchauffer le sol. Pour limiter les adventices et réchauffer le sol, il est possible d’utiliser un film « opaque thermique », qui laisse passer le rayonnement solaire mais pas la lumière. Les adventices ne poussent pas sous le film.

Protéger les plants. Les voiles de forçage apportent des conditions favorables en termes d’humidité et de température. La germination et le développement des plantes en sont accélérées, et permettent « de gagner » au moins 15 jours. Ces voiles permettent aussi de protéger les plants des intempéries (gel, fortes pluies, vent puissant,…) et des ravageurs. Il existe différents types : films, voiles, chenillettes,…

Bien choisir son mode d’irrigation. L’irrigation est une composante essentielle de la production de légumes, très consommateurs en eau. Dès la mise en culture, la bonne maîtrise de l’irrigation permet le bon développement des plantes. Elle influe également sur le rendement et sur la qualité des produits récoltés. Plusieurs modes d’irrigation existent (goutte-à-goutte, aspersion, enrouleur, brumisateur pendulaire…) et peuvent cohabiter sur une même parcelle ; le choix se fait en fonction des cultures.

Des équipements indispensables, mais avec des investissements spécifiques limités

L’irrigation représente le premier des investissements incontournables pour la production légumière, mais s’il est déjà présent sur l’exploitation, la production diversifiée permettra de mieux rentabiliser cet investissement.

D’autres d’investissements spécifiques vont être nécessaires. Planteuse, arracheuse, matériel de désherbage et de mise en place des films, charrue, sont les essentiels.

Selon les légumes cultivés, d’autres outils peuvent être nécessaires.

Du fait de leur spécificité, il est préférable d’envisager ces investissements en copropriété ou en Cuma pour réduire le prix de revient à l’hectare de légumes cultivés.

Économiquement parlant

Certains fruits et légumes primeurs sont recherchés par les consommateurs et permettent une forte valeur ajoutée. C’est le cas de la fraise, de l’artichaut et de l’asperge.

Par exemple, un pied de fraisier peut produire jusqu’à un kg de fraises, commercialisé aux environ de 10 le kilo, selon la variété et la saison. A raison de 30 000 pieds à l’hectare et d’une perte de 20 % de marchandise, un hectare de fraises peut dégager un chiffre d’affaires de 240 000 .

Ces cultures vous intéressent?

Le forum intitulé « Une opportunité pour mon exploitation : les légumes de plein champ » est fait pour vous. Producteur, conseiller spécialisé et acteurs de la filière seront présents le 27 septembre prochain, à Beaulon, pour répondre à vos questions.

N’hésitez pas, venez nous rencontrer ! Pour plus d’informations, contactez-nous au 04 70 48 42 42.

 

Retrouvez l'intégralité de notre dossier dans le journal

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