L'Allier Agricole 24 juillet 2019 à 11h00 | Par L'ALLIER AGRICOLE

Soutien aux agriculteurs bourbonnais

Ce lundi le Conseil départemental de l’Allier, réuni en session extraordinaire, a voté à l’unanimité deux mesures en faveur des agriculteurs du département pour les soutenir face à la sécheresse qui sévit depuis l’année dernière.

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Une avance de 200 000 euros pour soutenir les éleveurs bourbonnais.

Le département de l’Allier a subi en 2018 une sécheresse sévère et inhabituelle avec des répercussions en 2019 sur les potentiels de productions fourragères. Les conditions climatiques de fin de printemps font craindre un creux estival fourrager important et précoce avec nécessité de pallier à la faiblesse des stocks et d’affourager aux prés dès le mois de juillet. Le Conseil départemental de l’Allier a décidé de marquer une nouvelle fois son soutien aux éleveurs bourbonnais. Il porte sur une avance remboursable de 200 000 euros attribuée au Comité « SOS sécheresse » Allier afin de commander dès maintenant des volumes de paille et de ne pas faire peser le poids d’avances financières trop importantes aux exploitations.

Claude Riboulet, président du Conseil départemental de l’Allier, travaille en pleine concertation avec les élus de la Chambre d’agriculture de l’Allier : « Ce dispositif répond à une demande de la Chambre d’agriculture tant sur la forme que sur l’avance financière. C’est notre rôle de répondre à cette demande ». Jean Laurent, délégué à l’agriculture, à la forêt, à l’agro-alimentaire et à la promotion des circuits courts complète : « Les conditions climatiques de ces dernières semaines, les stocks de fourrages souvent très bas chez nos éleveurs et la perspective d’un besoin d’affouragement précoce au prés pour pallier le manque d’herbe, risquent d’amener un bon nombre d’éleveurs à devoir se procurer du fourrage notamment de la paille ». Afin d’organiser au mieux cet approvisionnement en paille à des prix raisonnables, le Comité « SOS sécheresse » - Allier (Association loi 1901 regroupant notamment la Chambre d’agriculture, le syndicalisme agricole et des membres associés comme la Direction Départementale des Territoires et  le Département de l’Allier) a décidé de se mobiliser pour mener une opération collective d’achat de paille en négociant pour les éleveurs du département un volume autour de 5 000 tonnes de paille, dans un 1er temps, auprès d’opérateurs à un prix plafond de 115 euros HT par tonne de paille livrée. Le Comité « SOS sécheresse » Allier achètera cette paille auprès des négociants et la refacturera aux éleveurs. Chaque agriculteur pourra bénéficier d’un camion (20-25 tonnes de paille). Le nombre de camions est porté à deux pour les GAEC.

Claude Riboulet insistant sur le fait que : « le Département de l’Allier souhaite contribuer à soutenir l’agriculture bourbonnaise par la rapidité et la bonne organisation de cette opération d’approvisionnement collectif en paille ».

Aide à la création ou mise en dérivation de retenues d’eau

La sécheresse de 2018 a été suivie de saisons hivernale et printanière qui n’ont pas permis de rétablir un niveau hydrique satisfaisant. L’Allier est encore confronté, pour la 2e année consécutive, à un nouvel épisode de sécheresse couplé cette fois-ci à des températures excessives. Dans un contexte d’évolution climatique, des solutions durables de gestion de l’eau doivent être mises en place.

Ainsi, le Département de l’Allier et la Chambre d’agriculture ont travaillé ensemble pour identifier les besoins à partir d’un état des lieux de la situation. La nécessité de sécuriser les systèmes d’exploitation, notamment en élevage, en stockant de l’eau devient plus prégnante. Des solutions de retenues d’eau remplies en période hivernale permettraient d’irriguer 10 à 15 ha de cultures fourragères et/ou d’assurer l’abreuvement du bétail. Ce stockage de l’eau peut se faire par la création de retenues d’eau ou la mise en dérivation du réseau hydrographique de retenues existantes (on en dénombre 7 000 dans le département de l’Allier). Cette dérivation a aussi pour intérêt de rétablir la continuité écologique du réseau hydrographique et répond en ce sens aux objectifs des différents Schémas d’Aménagement et de Gestion des Eaux.

Afin de favoriser l’émergence de projets et d’inciter les agriculteurs à s’engager dans ces évolutions de systèmes de retenue d’eau, le Conseil départemental de l’Allier a décidé, en session de juin 2019, de subventionner les études d’incidences prévues dans la procédure de déclaration ou d’autorisation de création ou de dérivation de retenue d’eau.

Claude Riboulet précisant que : « cette aide incitative du Département couvre 80 % du coût des études d’incidence. Elle est plafonnée à 4 000 €. Elle agit en effet de levier en amont des investissements quant à eux finançables par la Région Auvergne Rhône-Alpes ».

Les dossiers de demandes de subventions des études d’incidences sont à retirer auprès du Conseil départemental de l’Allier.

 


Richard Moine, vice-président de la Chambre d’agriculture de l’Allier :

Comment fonctionne le Comité « Sos Sécheresse » - Allier ?

« Le comité « SOS sécheresse » - Allier regroupe la Chambre d’agriculture et les organisations syndicales départementales (JA, la FNSEA et la FDSEA). Il ne se réunit qu’à l’occasion des situations exceptionnelles pour trouver des solutions, notamment, en terme d’approvisionnement en paille sur notre département.

En 2003, il avait permis d’acheminer près de 40 000 tonnes de paille et, en 2011, environ 11 000 tonnes. De la paille en provenance de nombreux départements, tels que l’Eure-et-Loir, la Seine-et-Marne et bien d’autres. C’est vraiment grâce à notre réseau syndical que nous avons pu obtenir ces tonnages ».

Quelles ont été les motivations pour relancer ce comité en ce début du mois de juillet ?

« Le 5 juillet dernier, nous avons effectivement réactivé ce comité suite à la décision de Bureau de la Chambre d’agriculture de l’Allier du 21 juin. Une décision qui fait suite à un sondage que nous avions lancé auprès des adhérents des différents syndicats et, plus largement, auprès de toute la profession, pour connaître les besoins en paille. Malheureusement ce sondage n’a pas eu un grand succès. Nous pouvons peut-être l’expliquer car, à cette époque, la situation ne permettait pas encore d’entrevoir les difficultés que nous rencontrons aujourd’hui. À partir de ce constat, nous avons donc lancé nos recherches et activé nos contacts syndicaux dans les départements avec lesquels nous avons l’habitude de nous approvisionner. Si les marchands du Cher, privilégiant leurs clientèles habituelles, étaient dans l’incapacité de nous fournir des tarifs, ceux, situés plus au Nord, où les moissons sont plus tardives, ont pu nous réserver plusieurs centaines d’hectares pour répondre à nos demandes. Il s’agit principalement de l’Eure-et-Loir et de la Marne.

De la paille qui arrive progressivement depuis vendredi dernier en Bourbonnais. Depuis une semaine des bons de commandes sont disponibles auprès de la Chambre d’agriculture et dans les pages de votre journal L’Allier Agricole ».

Certains marchands de paille livrent leur marchandise à des prix inférieurs aux vôtres. Comment vous l’expliquer ?

« Oui, on a pleine conscience que des marchands de paille livrent leurs clientèle habituelle autour de 95 euros la tonne. Nous sommes effectivement bien trop cher, il est vrai. Mais aujourd’hui, la situation de pénurie nous impose des prix maximum, autour de 115 euros la tonne, livrée dans le département de l’Allier. Une opération qui a lieu au moment de la récolte. Une fois qu’elle sera terminée, les livraisons effectuées et les chantiers de paille terminés, on aura un prix définitif à fixer. Nous, ce que nous cherchons, c’est avant tout d’aider ceux qui n’ont pas les moyens d’anticiper, de contacter d’autres agriculteurs dans d’autres départements.

Il faut savoir aussi que les départements qui offrent de la paille, veulent avoir un seul interlocuteur. Il faut être réactif, persuasif et efficace. Le syndicalisme est une force dans ce type de situation. Je tiens également à préciser que dans cette opération, le Comité ne fait absolument aucune marge et que le prix le plus juste sera facturé à l’agriculteur ».

Quels conseils donneriez-vous aux agriculteurs pour les saisons à venir ?

« Il faut anticiper les stocks pour l’hiver prochain et ceci même s’il reste des inconnues liées à la météo. Le Comité SOS Sécheresse est là pour répondre avant toute chose aux situations d’urgences, à court terme. Je ne peux qu’encourager les démarches d’agriculteurs qui parcourent parfois plusieurs centaines de kilomètres pour se mettre en relation avec certains de leurs collègues en dehors du département. Ils obtiendront bien évidemment des tarifs meilleurs que les nôtres ».

 

 



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