L'Allier Agricole 31 janvier 2019 à 15h00 | Par L'ALLIER AGRICOLE

Succès pour la journée portes ouvertes « Bâtiment et équipement »

Malgré le froid et la neige, plusieurs dizaines d’éleveurs se sont rendus sur les trois exploitations ayant ouvert leurs portes pour une démonstration de matériels innovants.

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Échanges d’expériences.
Échanges d’expériences. - © L’ALLIER AGRICOLE

L’inauguration officielle de la demi-journée a été faite par le vice-président de la Chambre d’agriculture de l’Allier, Yannick Martinet rappelant que « ces portes ouvertes n’ont pas vocation à promouvoir des investissements démesurés ou tout simplement déconnectés de nos besoins, mais plus concrètement à mettre en évidence des pratiques chez nos collègues qui ont accepté, malgré un emploi du temps très chargé, d’ouvrir les portes de leurs exploitations pour partager leurs expériences ».

Plusieurs concessionnaires étaient là pour présenter le matériel qu’ils ont installé sur les trois sites, comme Jean-Christophe Néollier, inspecteur commercial pour l’entreprise Jeantil, présent sur l’exploitation du Gaec De Roover à Limoise : « La société Jeantil est une entreprise familiale bretonne d’environ 25 millions d’euros de chiffre d’affaire spécialisée dans le matériel d’élevage, notamment en matériel de distribution comme les pailleuses, mélangeuses, du matériel de transport, des épandeurs à fumier et des tonnes à lisier. Depuis quelques années, on a investi dans la fabrication et la conception d’un robot de distribution commercialisé depuis environ quatre ans, avec une quinzaine d’installations qui fonctionnent sur le territoire national ». Un principe très modulaire qu’a choisi Loïc De Roover en optant pour une installation complète avec des silos de stockage aussi bien pour l’ensilage maïs, herbe, le foin, la paille, l’enrubannage et, en parallèle, les concentrés et les farines. Une distribution automatisée qui est ensuite assurée par un robot filoguidé au sol. Une installation qui peut aussi être segmentée avec une mélangeuse à poste fixe et un robot de distribution avec des silos plus ou moins importants suivant les types de fourrages que l’on a à distribuer. On ne constate pas de phase d’adaptation des animaux ; que ce soit un humain ou un robot qui distribue leur alimentation, ils ne voient pas la différence. La solution modulaire qui conçue, fabriquée, installée avec un réseau de concessionnaires agréés peut permettre d’utiliser dans de nombreux cas les bâtiments existants sans avoir besoin d’investissements tout à neuf. Une solution qui offre aussi une maîtrise complète des rations mélangées avec une grande précision, puisque toutes les cellules pèsent la quantité d’aliment mélangé et distribuée au kilo près. Un système électrique permettant aussi une grande économie d’énergie avec très peu de manutention. Les cellules sont à rechargées suivant les périodes de l’année deux à trois fois par semaine. Un élan d’équipement qui est dans une logique du machinisme agricole avec une augmentation de la productivité et de la main d’œuvre. Le temps de travail s’en trouve réduit à son minimum. S’équiper d’un tel outil devient donc essentiel pour des élevages de plus en plus grands et des enjeux de plus en plus importants.

Au Gaec Thieriot, toujours à Limoise, c’est une dérouleuse qui a été présentée au public. Avec un faible coût d’investissement et une simplicité d’attelage, Frédéric Thieriot a porté son choix sur la marque Altec. Un modèle qui possède un tapis pour faciliter le déroulage des bottes des deux côtés de l’appareil. À ces caractéristiques s’ajoutent également une tourelle pivotante ainsi qu’un bras télescopique permettant différents gabarits de balles. Pour lui cet équipement permet un grand confort d’utilisation grâce aux commandes entièrement électriques.

Rendez-vous pour la troisième étape de la journée, à l’EARL de Belleveau, sur la commune de Saint-Plaisir, en compagnie de Ludovic Padiolleau qui a investi dans des bâtiments d’élevage et de stockage de fourrages. Une logique entamée dans la famille pour optimiser le temps de travail et gagner en efficacité. À ces investissements importants s’ajoutent l’achat d’une mélangeuse et la mise en place d’équipements de contention. Un investissement réfléchi, avec les conseils de la MSA Auvergne. Peggy Bocquet et Anne-Sophie Girard sont conseillères en prévention à la MSA : « Nous travaillons effectivement sur tout ce qui est prévention des risques agricoles. Pour éviter tous dommages lié à des accidents ou des maladies professionnelles, nous proposons un accompagnement de prévention dite « primaire » ainsi, nous intervenons en amont dans les projets d’investissements comme la construction d’un bâtiment ou encore l’achat de matériel.

Souvent nous sommes sollicités pour des aides financières, mais en se déplaçant chez les chefs d’exploitation ou d’entreprise, au-delà de l’accompagnement financier, nous délivrons nos conseils en matière de risques professionnels pour que l’on s’inscrive ensemble dans une démarche de prévention et d’aide à la conduite de projets.

Il ne faut pas croire que la prévention coûte cher, ce n’est pas le cas, elle participe à l’amélioration des conditions de travail et permet de gagner en efficacité.

Le but premier de la prévention est d’accompagner le chef d’exploitation tout au long de son activité tout en lui permettant d’arriver en meilleure santé quand sonne l’heure de la retraite ». Un service proposé par le service Santé Sécurité au Travail de la MSA Auvergne.

 

Interview de Yannick Lapendrie,  conseiller bâtiment

Avant tout projet de construction d’un bâtiment, il faut réaliser des plans et en estimer les travaux. Que propose les services de la Chambre à cette étape d’avant-projet ?

C’est une étape importante dans l’élaboration du projet bâtiment, la réflexion va reposer sur un diagnostic des bâtiments existants et leur fonctionnement. L’œil extérieur du technicien va apporter une vision similaire ou différente de l’exploitant. Il apportera un conseil sur les différents points de vigilance pour réaliser un bâtiment fonctionnel (aire de vie des animaux, ventilation, circulation matériels,circulation des hommes...). Il pourra optimiser l’emplacement et l’orientation du bâtiment en prenant les niveaux du terrain d’implantation. A partir de ce constat, le technicien pourra proposer des solutions aux besoins de l’exploitant en réalisant des plans et lui en estimant le coût des travaux. Il pourra dans un même temps lui expliquer les démarches à effectuer et les possibilités d’obtention de subventions. Les plans réalisés doivent servir pour demander des devis à différentes entreprises avec les mêmes dimensions de bâtiments ainsi il sera plus aisé de comparer les différents tarifs.

Étape suivante : la demande du permis de construire ?

Une fois les devis réunis et le coût global du projet défini avec précision, le porteur de projet pourra réaliser son plan de financement et savoir si le projet est réalisable. La Chambre d’agriculture pourra alors dessiner les plans et remplir les formulaires en vue d’obtenir le permis de construire.

L’ensemble de la démarche est réalisé par le technicien qui fera valider le projet par un architecte si la surface du  projet excède 800 m². L’agriculteur reçoit directement chez lui l’ensemble des documents qu’il devra déposer à la mairie de la commune où se situe le projet. À partir de ce moment les services instructeurs ont trois mois pour émettre un avis sur la demande de permis de construire.

Un bâtiment qu’il faudra financer. La Chambre accompagne l’éleveur pour obtenir des aides ?

Effectivement la Chambre d’agriculture  accompagne l’éleveur dans sa demande de subvention. C’est un service complet où le technicien réalisera la demande de subvention avec l’éleveur. Il remplie les documents nécessaires et réalise un diagnostic de mise aux normes des bâtiments si nécessaire. Une fois le dossier complet, le technicien déposera directement le dossier à la ddt qui en vérifiera la complétude. L’éleveur recevra un courrier de l’administration lui indiquant que son dossier est complet et qu’il peut commencer les travaux. Attention ceci ne vaut pas accord de subvention, il devra attendre un retour pour savoir si le projet est subventionnable ou non. Au delà de ces prestations la Chambre d’agriculture propose la réalisation de diagnostic d’ambiance sur les bâtiments qui posent des problèmes au niveau sanitaire. Ce diagnostic permettra de mettre en avant les problèmes de ventilation et de trouver des solutions adéquates.


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