L'Allier Agricole 15 mai 2019 à 11h00 | Par L'ALLIER AGRICOLE

Titi, un éleveur aviculteur en plein envol !

L’Allier Agricole, en partenariat avec le Salon de l’Herbe et des Fourrages, vous propose de découvrir le quotidien de jeunes agriculteurs passionnés. Cette semaine nous avons rencontré Thibault Paridiot. Installé sur la commune de Trevol, il est éleveur bovin et pratique aussi l’aviculture par passion.

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Thibaut est devenu un fin connaisseur des différentes races. Dans ses bras, un coq Braekel argenté.
Thibaut est devenu un fin connaisseur des différentes races. Dans ses bras, un coq Braekel argenté. - © AA

Il n’a pas encore vingt-trois ans et n’est pas fils d’agriculteur. Thibaut Paridiot a pourtant développé son exploitation agricole juste à côté de la maison familiale, sur la commune de Trevol, au nord de l’agglomération moulinoise.

Le métier, il l’a découvert à l’adolescence grâce à l’achat de quelques poules dans une grande chaîne de magasins de jardinage qu’il élèvera au fond du jardin de ses parents. C’est pour lui la naissance d’une grande passion qui ne le quittera plus.

Bien décidé à agrandir son petit élevage, Thibaut se rendra au concours avicole de Saint-Pourçain-sur-Sioule : « C’était mon premier contact auprès des professionnels et c’est, bien déçu, qu’ils m’apprenaient que mes spécimens étaient malheureusement sans aucune valeur pour participer à des concours ».

Thibaut n’en restera pas moins motivé, au contraire. Il prendra de multiples contacts auprès d’éleveurs agréés et ferra, cette fois-ci, l’acquisition de véritable bêtes de concours : « Mon frère habitait à cette époque la région de Besançon. Lors d’une de mes visites, il me proposa de l’accompagner à un concours local. Au retour, dans la voiture, deux occupants de plus nous accompagnaient. Il s’agissait d’un couple de « Barbus d’Envers Caille. Arrivé chez moi, j’en pris le plus grand soin. ».

Quelques pensionnaires supplémentaires les rejoindront par la suite. En octobre 2010, c’est avec eux qu’il participait au concours avicole de Nevers où il obtiendra le grand prix d’honneur : « J’étais extrêmement fier de cette reconnaissance. De quoi me motiver à agrandir mon élevage et à varier les races ».

C’est chose faite. Thibaut deviendra en 2016 le vice-champion de France en race naine. Un titre qu’il confirmera une deuxième fois l’année suivante, en 2017.

Cette passion de l’aviculture le conduira vers l’idée de s’installer en tant qu’agriculteur éleveur et d’en vivre. Il orientera donc, après le collège, ses études vers la filière agricole. Direction le lycée du Bourbonnais, à Neuvy. Titulaire d’un BAC STAV en 2014 et d’un BTS ACSE en 2016, il obtiendra une licence professionnelle « Gestion durable des ressources en agriculture » en 2017 à l’EPL de Marmilhat dans le Puy-de-Dôme.

Fraîchement diplômé, il décide alors de s’installer en renouant avec l’histoire familiale : « Mes grands-parents paternels, tout comme leurs propres parents, étaient éleveurs de bovins charolais. Heureusement, j’ai eu la chance que les terres de la ferme familiale n’avaient pas quitté la famille ». Et c’est sur ces parcelles, représentant une surface de soixante-cinq hectares, que Thibaut Paridiot a pu s’installer. Il a fait le choix d’élever des bovins de race Aubrac : « Je me suis orienté vers cette race pour leur docilité, la facilité des vêlages et surtout pour leur beauté. J’ai acquis mes premiers individus en 2017. Sept génisses, avant même d’être installé ! Quelques mois après j’ai développé une exploitation digne de ce nom en aménageant les terrains pour recevoir ce cheptel ».

Thibaut lancera la construction d’une stabulation couverte en panneaux solaire d’une surface de 900 m2 pour l’hivernage de ses quarante-cinq bovins.

Il a également développé une activité de vente directe avec l’installation de plusieurs petits poulaillers dans lesquels évoluent poules, canards et pintades. Des volailles qui sont abattues, pour le moment, à Gannat. Une opération qu’il souhaite, à l’avenir, pratiquer sur son exploitation pour éviter les transports et, ainsi, limiter les coûts : « Je suis sur un projet d’aménagement d’un abattoir sur mon exploitation, auquel sera adjoint un petit magasin à destination de mes clients qui viennent principalement de la région moulinoise. Ces derniers prennent contact avec moi principalement par le bouche à oreille mais ausis grâce à ma page Facebook ».

Thibaut Paridiot peut aussi compter quotidiennement sur l’aide de ses parents qui vivent à proximité. Sa compagne, Ambre, également diplômée de la filière agricole, souhaite le rejoindre au sein de son activité. A eux deux ils espèrent ainsi développer leurs ventes : « On organise désormais chaque année un marché de producteurs à la ferme. Une vingtaine de confrères répondent présents. Les emplacements sont gratuits. Un rendez-vous qui permet de promouvoir, notre exploitation, bien sûr mais aussi et surtout les produits des exposants ».

Un jeune agriculteur plein de projets : « Je souhaite m’agrandir, si possible, d’une vingtaine d’hectares et construire d’ici un an un nouveau bâtiment solaire pour le stockage des fourrages. Avec Ambre, nous souhaiterions, dans un avenir plus ou moins proche, développer l’agrotourisme ».

Thibaut Paridiot n’en oublie pas pour autant sa passion de l’aviculture de collection et participera au prochain concours de Moulins qui se déroulera au parc des expositions d’Avermes les 1er, 2 et 3 novembre prochain. Il suit même actuellement une formation pour devenir juge avicole.

 

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