L'Allier Agricole 22 septembre 2014 à 18h00 | Par Damien Carboni

Tout connaître du sursemis pour améliorer le rendement des prairies

La Chambre d’agriculture de l’Allier a organisé le vendredi 12 septembre, sur la commune de Durdat-Larequille, une journée technique consacrée aux fourrages.

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 © AA Les intervenants et techniciens des différents organismes ayant participé à cette journée ainsi que Marie Mennesson, directrice de l’exploitation du lycée agricole Christophe Thivrier de Durdat-Larquille. © AA

Intitulée « le sursemis : entretenir et prolonger la productivité des prairies », la journée de vendredi a rassemblé nombre de participants sur la commune de Durdat-Larequille. Une journée entière n’étant pas de trop pour répondre aux questions des uns et des autres. Afin de répondre à des interrogations légitimes telles que « pourquoi la prairie se dégrade-t-elle ? »,« comment faire du sursemis ? »ou bien encore « combien coûte le sursemis ? », les organisateurs avaient scindé le programme en deux. Plusieurs interventions étaient programmées le matin dans la salle polyvalente.L’après-midi était consacrée aux démonstrations sur l’exploitation du lycée agricole Christophe Thivrier.

« La place de la prairie dans le département de l’Allier »
Après un mot d’accueil de la part de Yannick Martinet, vice-président de la Chambre d’agriculture de l’Allier, et Didier Braud, président de la commission fourrages de l’Allier, Nicolas Deux, conseiller au service élevage de la Chambre d’agriculture a entamé la matinée en rappelant, chiffres à l’appui, la place de la prairie dans l’Allier. L’évolution des surfaces en herbe depuis 2000 a montré que la surface toujours en herbe (STH) a chuté de 14 %,tandis que la prairie temporaire (PT), elle, a augmenté de 25 %.La surface globale (STH+PT) ayant, au final, chuté de 6 % (341 200 ha en 2013). Le fourrage annuel, véritable élément de sécurisation, est de + 21 % et la surface accordée aux céréale saffiche une progression de 15 % au détriment des autres cultures puis des prairies. Autres constats, la part de STH/commune dans la SAU en 2010 livre les données suivantes : 40 % des communes sont en dessous des 11,8 % et 30 % des communes sont supérieures à 42,7 %. Deplus, 20 % des cantons ont une part de PT+PP (prairie permanente) supérieure à 85 %. Entre 2000 et 2010, l’évolution PT+PP indique, en dix ans, une baisse forte de plus de 9 % dans seulement 15 % des cantons. Les raisons de cette évolution ? Les exploitations de petite taille sont de moins en moins nombreuses,tandis que les grandes exploitations continuent à se spécialiser et s’agrandir vers la culture avec des objectifs de rentabilité, de productivité et de simplification du travail. Ainsi,la surface des prairies décline progressivement car elles sont jugées comme ayant une productiont rop aléatoire et complexe à gérer. Au coeur de l’évolution du contexte : le climat, le marché, la demande sociétale et la PAC. Retrouver un intérêt pour la prairie présente de nombreux atouts (autonomie alimentaire,amélioration économique, bénéfice environnemental) et montre une vision positive.

Présentation des travaux de la Commission fourrage Allier
Amélie Bouchant, conseillère au service élevage de la Chambre d’agriculture, a ensuite présenté la Commission fourrages créée en 2009. Celle-ci se compose de huit élus (responsables : Didier Braud et Nathalie Brun), trois conseillers (Amélie Bouchant et Nicolas Deux au service élevage et Nicolas Morand au service agronomie) ainsi que deux lycées partenaires (Durdat et Neuvy).Son rôle : rechercher l’autonomie fourragère et protéique via des solutions telles la culture de protéagineux, la valorisation de l’herbe et des fourrages. Les travaux de la Commission fourrages portent sur plusieurs axes :- Info Prairie grâce aux cinq stations météo de l’Allier (publiée chaque semaine au printemps) est une aide à la décision sur la gestion des prairies (fertilisation,récoltes, pâturage) à l’aide du suivi des sommes de températures et des hauteurs d’herbe ;- Info Maïs (publiée chaque semaine) ;- Essais fertilisation fauches précoces (travaux réalisés conjointement avec la commission fourrage régionale en 2011-2012-2013). L’objectif étant de tester la période optimale pour les apports d’azote au printemps pour les prairies en fauche précoce;- Essais fertilisation fauches tardives;- Fiches sur dérobées ;- Essais fertilisation luzernes(toujours en cours) ;- Calcul du coût de productiondes fourrages ;- Essais pâturages tournant ;- Analyses de fourrages.

Le diagnostic prairial
Cette intervention était présentée par Pascale Faure, conseillère fourrage à la Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme. L’objectif étant de montrer aux participants l’utilité d’un diagnostic afin de connaître l’état de la prairie, évaluer sa productivité et la date d’intervention,apprécier ce qu’il faut faire pour y arriver. Il faut donc observer les signes de dégradation mesurables ou visibles (trous, salissement,changement de flore). Puis, il est nécessaire d’apprécierla qualité du couvert. À l’équilibre, les formes de vie en prairie naturelle sont celles-ci :graminées (60 à 80 %), légumineuses (10 à 20 %), diverses (moins de 30 %). Pour cela, Pascale Faure préconise de prélever au printemps une poignée de végétation à plusieurs endroits ou d’observer dans un cadre de 50 cm de côté soit l’équivalent de la largeur de deux mains. Et ce, en traversant la parcelle. Puis,il faut apprécier la densité du couvert en attribuant une note d’enherbement comprise entre 0 et 5.Le but étant de trouver l’équilibre entre fertilité du milieu et intensité des pratiques.


Le sursemis
Pascale Faure, conseillère fourrage à la Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme a ensuite détaillé la question du sursemis.Celui-ci doit miser sur une concurrence raisonnable. La période la plus favorable étant la fin de l’été. Le printemps, s’il permet de constituer des stocks plus tôt, est plus risqué. Puis vient la préparation du sol. Avec le passage de herse, il faut ouvrir des espaces libres sans endommager le couvert en place mais aussi faire de la terre fine, semer en surface et rappuyer après le semis. Quant à la dose, mieux vaut ne pas lésiner sur la quantité et prévoir 1 à 1,5 fois la dose de semences habituelles pour un semis classique. Par ailleurs,les espèces que vous choisissez doivent répondre à vos besoins. Enfin, pour occuper la place de façon efficace pensez à occuper l’espace en choisissant des espèces agressives, en nombre réduit et à dose suffisante.

Matériels pour l’amélioration et le semis des prairies
Pierre Lépée, spécialisé en machinisme à la Chambre d’agriculture de la Creuse, a ensuite prodigué de précieux conseils aux participants avant les démonstrations de l’après-midi.Le spécialiste conseillant d’utiliser du matériel facile àrégler. Le deuxième conseil consistant à vérifier la bonn epression des pneus, c’est-à-dire que trois crampons doivent se trouver au sol. Puis, le technicien a détaillé les différents types de sursemis de prairie, avec ou sans désherbage sélectif, ainsi que les règles essentielles pour réussir un sursemis.À savoir prendre soin de régler le semoir, semer à faible profondeur et rappuyer la ligne de semis.Il a également expliqué les avantages et inconvénients de la rénovation avec désherbage, les semis avec travail simplifié.En conclusion, la rénovation coûte de 25 à 40 % de plus que le sursemis mais l’amélioration de la prairie est plus sûre. Enfin,les dépenses de la rénovation peuvent être amorties sur plusieurs années.

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« Nous n’avons pas l’intention, ni les moyens d’ailleurs, de casser les filières. Ce que nous voulons, c’est revoir les cahiers des charges pour que les éleveurs soient intégrés à la négociation »

Geoffrey Rivaux, président des Jeunes Agriculteurs de l'Allier

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