L'Allier Agricole 05 août 2022 a 06h00 | Par L'ALLIER AGRICOLE

Trois rencontres autour des intempéries

Trois réunions ont eu lieu dans l’Allier pour aller à la rencontre des agriculteurs touchés par les deux épisodes de grêles. Les élus des communes concernées étaient également présents.

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Les trois réunions ont été suivies par un nombreux public. Ici à Jaligny-sur-Besbre.
Les trois réunions ont été suivies par un nombreux public. Ici à Jaligny-sur-Besbre. - © AA03

Élus et techniciens de la Chambre d’agriculture de l’Allier, représentants syndicaux, accompagnés des représentants des services de l’État, se sont déplacés mardi 26 juillet sur les communes d’Escurolles, Jaligny-sur-Besbre et Saligny-sur-Roudon.

L’objectif de ces trois réunions spéciales était d’échanger avec les exploitants agricoles ayant subit d’importants dommages sur leurs cultures et leurs bâtiments suite aux deux épisodes intenses d’orages de grêle qui se sont abattus au cours des mois de juin et juillet sur l’est de l’Allier.

Un questionnaire et des contacts avec les agriculteurs

À l’initiative de la DDT et de la Chambre d’agriculture de l’Allier, un questionnaire avait été diffusé par courriel et par voie de presse pour recenser les exploitations concernées par ces aléas climatiques afin d’identifier l’ampleur des conséquences liées à ce phénomène. Au total, ce sont 252 exploitants qui ont retourné le questionnaire ainsi que 22 supplémentaires identifiés par les élus et les agents de la Chambre d’agriculture de l’Allier.

Une démarche qui s’est poursuivie par des contacts individuels au nombre de 258 exploitations afin de recenser les besoins immédiats et proposer un entretien avec un conseiller spécialisé. Qu’il s’agisse des questions relatives aux bâtiments, aux fourrages, à l’agronomie, l’assurance et les démarches administratives ou l’économie. « 225 ont répondu à ce jour. Pour les 33 autres, un message a été laissé au deuxième appel. Globalement, l’accueil que nous avons reçu a été très positif » précise Patrice Bonnin, président de la Chambre d’agriculture de l’Allier.

« Sur ces 225 exploitants, 179 n’ont pas exprimé de besoin d’accompagnement et 46 ont souhaité être recontactés par un spécialiste. Pour la grande majorité d’entre eux, ils souhaitent rencontrer un conseiller du bâtiment au sujet du désamiantage, de la couverture et du logement des animaux cet hiver. Plusieurs ont également demandé l’appui d’un conseiller juridique ou d’un conseiller d’entreprise. Enfin, quelques uns ont exprimé le souhait d’avoir des conseils en agronomie et en fourrages, notamment quant aux stocks perdus » complète Franck Doriat, chef du service élevage et indentification de la Chambre d’agriculture de l’Allier.

La Chambre d’agriculture de l’Allier indique que ses conseillers restent, bien sûr, mobilisés et effectuent des rappels auprès des exploitations des différents secteurs touchés.

Des réunions avec les assureurs et les professionnels du bâtiment

Ces dernières semaines, plusieurs réunions ont également eu lieu avec les assureurs et les professionnels du bâtiment, comme les couvreurs et charpentiers afin d’accélérer et de simplifier le traitement des dossiers de sinistres, en vue de trouver des matériaux et organiser la reconstruction le plus rapidement possible.

Les échanges avec les assureurs ont fait apparaître que la moitié des dossiers sont concernés par le traitement de l’amiante. Les assureurs ont, par ailleurs, indiqué que l’ensemble des sinistrés a été visité. Patrice Bonnin précise qu’un seul devis pouvait être demandé et que la garantie décennale n’a pas à entrer en compte dans ce type de dossier. « J’insiste sur le fait que si certains rencontraient des difficultés quant au dossier CDA03, qu’ils n’hésitent pas à entrer en contact avec France Assurances et qu’il faut être particulièrement vigilant quant aux relations bailleurs-fermiers ».

3000 devis

Les constructeurs, quant à eux, ont signalé avoir établi 3 000 devis « réalisés ou en cours » tout en précisant que les délais d’interventions sont importants, notamment au niveau du désamiantage et de la reconstruction. « S’il n’y a pas de pénurie de matériaux, cette situation soulève le problème du recrutement dans ce secteur » se désole Patrice Bonnin tout en ajoutant qu’il doit y avoir « une priorisation de la reconstruction en fonction de l’importance des dégâts. S’il y a des possibilités de rebouchage et de bâchage, il faut la privilégier ».

Un désamiantage encadré

Les travaux de désamiantage doivent être réalisés par des entreprises habilitées et supportés par les compagnies d’assurances. « Attention aux entreprises inconnues sur le département ou aux arnaques » met en garde Patrice Bonnin.

Le président de la Chambre d’agriculture de l’Allier alerte sur le fait que « l’intervention pour des re-couvertures pour désamiantage réalisées par l’agriculteur lui-même implique le fait de laisser un chantier propre et, surtout, à réaliser en toute sécurité grâce à une nacelle ou un télescopique ». Un diagnostic technique amiante doit d’ailleurs être réalisé avant travaux. Une obligation mise en place par l’inspection du travail.

À signaler que la région Auvergne-Rhône-Alpes prend en charge 35 % du reste à charge sous réserve d’installation sur les toits de panneaux photovoltaïques.

Des travaux de couverture qui posent la question du type de matériaux à employer. Faut-il remettre des plaques en fibrociment ou en métal ? Dans ce dernier cas, les tôles avec feutre anti-condensation doivent être d’une épaisseur de 75/100.

Des obligations administratives

S’il faut faire des demandes préalables aux travaux, une implication administrative a été demandée. Pour les exploitations situées dans un périmètre protégé de bâtiments classés, une demande préalable doit également être faite auprès de l’architecte des bâtiments de France.

Des délais importants

Dans tous les cas, il faut s’attendre à des délais importants. En attendant, il faut rechercher des solutions alternatives, notamment pour les animaux. Cela peut être des parcs aménagés avec du bois plaquette, des niches à veaux ou des tunnels de semi plein-air.

D’autres rencontres prévues

Le président de la Chambre d’agriculture de l’Allier a informé l’assistance de la tenue de prochaines réunions en septembre avec les assureurs et les constructeurs afin de faire le point sur l’avancement des dossiers. Richard Moine, vice-président de la Chambre d’agriculture de l’Allier en a profité pour proposer aux agriculteurs la mise en place d’une nouvelle « bourse aux fourrages » s’ils le souhaitent.

Patrice Bonnin conclut en indiquant que les élus font des points réguliers et que les conseillers bâtiment animent des permanences tout au long de l’été et qu’ « ils font remonter les difficultés à la Chambre d’agriculture de l’Allier ».


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