L'Allier Agricole 20 janvier 2016 à 08h00 | Par M.Renaud

Trouver la bonne combinaison génétique

Thierry Grandsir est à la tête d’un cabinet spécialisé dans l’étude des pédigrées des chevaux de race pur-sang (DNA Pedigree). Installé dans le Calvados, il intervenait jeudi 14 janvier dernier à la Chambre d’agriculture de l’Allier au cours d’une réunion consacrée aux pedigrees galopeurs.

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- © DNA

Sur quoi portait votre intervention ?

Il s’agit de se pencher sur l’étude des pédigrées et des croisements en élevage en faisant le lien entre la génétique équine et les pédigrées. L’intérêt de mon intervention est de mettre en évidence auprès de mon auditoire les connaissances actuelles en matière de génétique mais aussi et surtout l’influence de l’étalon par rapport à la poulinière. Il faut garder à l’esprit qu’un étalon intervient à un tiers et la jument à deux tiers dans la reproduction. Le bon choix de la jumenterie est donc essentiel. Pour optimiser la comptabilité génétique, il faut trouver la bonne combinaison.

Dans l’Allier, ce sont les éleveurs bovins qui dominent. Leurs connaissances en matière de génétique sont-elles transposables au monde des galopeurs ?

C’est toujours un atout d’avoir des connaissances pointues en matière de génétique, et dans le cas de l’élevage bovin, en matière de génomique. Les éleveurs bourbonnais désireux de progresser en génétique équine ont un petit peu le défaut de leur qualité puisqu’ils ont une approche trop axée sur les bovins. Ils sont trop influencés par leur pratique génétique sur les bovins. Je m’explique : ils ont des outils génétiques sur les bovins qui leur permettent de travailler de manière extrêmement précise. Et en l’occurrence, de manière beaucoup plus précise que chez les galopeurs. Car, en galopeurs, nous avons beaucoup moins de gênes identifiés comme étant prépondérants sur le niveau de performance, ce qui rend la génétique beaucoup moins précise. Un manque de précision, certes, mais largement compensé par une très grande connaissance des galopeurs.

Dès lors que l’on se lance dans les galopeurs, quelles sont les perspectives ?

Deux choix s’offrent aux éleveurs : la commercialisation des produits ou leur exploitation. Sachant que d’un côté comme de l’autre, il y a des règles à respecter en pur-sang et en AQPS (Autre que pur-sang). Pour la commercialisation par exemple, elle peut se faire soit à l’amiable soit aux enchères. Pour valoriser au mieux sa production, autant ne pas se tromper au moment où on conçoit le poulain. Ce qui nous ramène directement à l’importance de la génétique. C’est un monde à part et il est essentiel de définir une stratégie et des objectifs.

Manipuler la génétique des galopeurs quand cette production n’est que secondaire sur l’exploitation n’est-il pas risqué ?

Le risque existe toujours même lorsque l’on est ultraspécialisé. Il s’agit de chercher à optimiser la probabilité de réussite. Chaque croisement générera un individu unique.

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« Nous n’avons pas l’intention, ni les moyens d’ailleurs, de casser les filières. Ce que nous voulons, c’est revoir les cahiers des charges pour que les éleveurs soient intégrés à la négociation »

Geoffrey Rivaux, président des Jeunes Agriculteurs de l'Allier

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producteurs recensés "Bio" dont 39 conversions en 2015 : 14 ateliers bovins viande, 13 ateliers grandes cultures, quatre ateliers légumes, deux ateliers Plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM), deux ateliers ovins, un atelier fruit et un atelier bovins lait.

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