L'Allier Agricole 06 juin 2018 à 10h00 | Par SC

UN GISEMENT IMPORTANT MAIS UNE OFFRE ÉCLATÉE

Si la filière bois en Auvergne Rhône-Alpes dispose d’un volume de production conséquent, elle est toutefois pénalisée par la dispersion de son offre.

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600 000 propriétaires se partagent 80 % de la forêt régionale.
600 000 propriétaires se partagent 80 % de la forêt régionale. - © SC

50 000 emplois et 14 000 entreprises directement ou indirectement concernées. C’est le poids de la filière bois en Auvergne Rhône-Alpes. Avec environ cinq millions de m³ par an (hors bois de chauffage auto-consommé), la récolte régionale est la troisième de France métropolitaine. Elle se compose pour les trois-quarts de bois d’œuvre, notamment des sciages résineux : sapin, épicéa, Douglas. Le bois d’industrie, dont la récolte est stable, et le bois-énergie, en forte progression dans les deux régions, constituent le reste de la production régionale.


600 000 propriétaires
Mais cette récolte est pénalisée par l’éclatement du domaine forestier. Auvergne Rhône-Alpes décroche en effet le record de la plus petite surface moyenne par propriétaire, puisque 600 000
propriétaires se partagent 80 % de la forêt régionale et que quelques 400 000 possèdent moins d’un hectare. Le domaine régional est à 80 % privé. La récolte de bois d’œuvre en Auvergne a progressé d’un quart en productivité depuis une quinzaine d’années. Elle égale désormais la récolte rhônalpine, malgré une surface presque deux fois moindre.

900 entreprises de transformation
Si la production est éclatée, la transformation de la matière première doit faire face aux mêmes problématiques. La région compte plus de 900 entreprises d’exploitation forestière et scieries, ce qui la place au premier rang national. « Des structures souvent petites, qui contribuent au maintien de l’activité en milieu rural, mais qui pèsent peu sur la production totale, concentrée sur quelques dizaines d’entreprises », précisent les Services régionaux de l’information statistique et économique de la Draaf (Direction régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt).

Un outil pour mobiliser la ressource
Initiée en Auvergne, avec le site « bois d’Auvergne », la plateforme « La Forêt Bouge » menée au niveau national est issue d’un projet de mobilisation du bois en Auvergne (PPMBA). En 2015, le CNPF Délégation Auvergne a développé une plateforme Internet « Bois d’Auvergne » à destination des propriétaires et professionnels de la filière forêt-bois. Au vu du vif intérêt que cet outil a suscité auprès des utilisateurs, le CNPF a validé en 2015 l’utilité d’adapter cette plateforme à l’ensemble du territoire métropolitain, sous le nom « La Forêt Bouge ». Le projet est ainsi porté conjointement par le ministère de l’Agriculture et par le CNPF. Le ministère de l’Agriculture et l’Ademe ont financé une partie du projet ; le CNPF apportant le complément en autofinancement. Le site « La Forêt Bouge » a pour but de favoriser le contact et créer du lien entre les acteurs privés, économiques ou institutionnels du monde forestier. Il (leur) permet de faciliter les démarches, la gestion des forêts et la réalisation d’opérations sylvicoles des propriétaires et des professionnels en favorisant le regroupement du foncier et/ou de la gestion. Ainsi, « la Forêt Bouge » a vocation à rassembler des outils, qui existent déjà sur Internet, dans un même espace, à l’échelle nationale.

➜ Pour aller plus loin : http://www.laforetbouge.fr

Toutes les marques de matériels forestiers seront présentes à EuroForest.
Toutes les marques de matériels forestiers seront présentes à EuroForest. - © EA71

RENDEZ-VOUS DU 21 AU 23 JUIN

Les préparatifs du salon EuroForest battent leur plein alors que dans quelques jours se tiendra
à Saint-Bonnet-de-Joux, en Saône-et-Loire, le plus important salon dédié à la forêt. Le plus important en France et le troisième au monde…

À n’en pas douter, EuroForest fait partie des atouts de la Saône-et-Loire. Le département est connu pour ses grands vins, ses viandes de grande qualité, sa volaille d’appellation… Il est aussi célèbre pour sa Roche de Solutré, son bocage charolais, la cathédrale d’Autun, ses arcades de Louhans ou encore son marché de Saint-Christophe-en-Brionnais… Mais, à l’extérieur de nos frontières, dans le milieu de la forêt et du bois, c’est aussi et surtout par EuroForest qu’on connaît la Saône-et-Loire !
De fait, le rendez-vous est le plus important salon français dédié au bois et à la forêt. Il est d’ailleurs le troisième salon mondial en la matière et fait indiscutablement office de référence, notamment pour la forêt des pays tempérés. Par ailleurs, comme il est organisé en plein air, il permet à ce titre nombre d’expositions et de démonstrations in situ. Ce n’est pas un rendez-vous indoor…

Trois jours dans l’agenda
Saint-Bonnet-de-Joux accueillera EuroForest du 21 au 23 juin prochains. « Nous attendons entre 10 000 et 15 000 visiteurs lors de chacune de ces journées », souligne Richard Lachèze, directeur d’EuroForest. La dernière édition, il y a quatre ans, avait enregistré près de 40 000 visiteurs ! Néanmoins, le parcours a été adapté de manière à densifier le salon. Il fera ainsi non plus 3,7 kilomètres, mais 2,5 kilomètres.
Et comme on ne change pas une formule qui gagne, on l’améliore, on la peaufine ; cette septième édition du salon réserve nombre d’innovations. Cette année, l’accent sera mis sur le nouveau pôle Bois construction, un pôle centré sur l’habitat de loisirs légers jusqu’à la maison d’habitation, en passant par les bâtiments agricoles. L’accent sera aussi porté sur le bois énergie, dont la dynamique actuelle permet désormais de valoriser des bois de haies ou les déchets des coupes à blanc forestières.
Richard Lachèze s’est aussi tourné sur un volet plus ludique, notamment en prenant l’attache du musée du machinisme agricole de Neuvy-Grandchamp. Il y aura aussi une exposition d’anciennes tronçonneuses et même une scierie et sans doute des débardages à cheval… « C’est un moyen d’amener le samedi du public en famille parce que nous avons la volonté de sensibiliser le public citadin sur la forêt professionnelle », met en avant le directeur qui insiste sur le volet économique que représente la forêt. En terme d’emploi, d’économie, mais aussi d’environnement. « Dans la filière, nous ressentons tous le besoin de communiquer sur la forêt productive, y compris pour faire naître des vocations… ». D’où l’accent qui sera aussi porté sur la formation.

Un salon de pro !
Reste que le salon est avant tout un rendez-vous professionnel axé sur les outils et les services pour la filière Bois et forêt. Et l’ensemble des innovations dévoilé témoignera plus que jamais de l’inventivité de la filière et de son caractère innovant.
Cette 7e édition sera ainsi l’occasion de prouver que les gains de compétitivité, de sécurité, de réduction de la pénibilité au travail, permis notamment par la mécanisation et la robotisation galopante des activités forestières, contribuent largement au développement global de la filière.
Déjà, à moins de six mois de l’ouverture de la manifestation, le nombre d’exposants annoncé s’affiche de 20 % supérieur à l’édition de 2014 et les surfaces demandées sont également plus importantes.


NICOLAS DURAND


➜ EuroForest, du 21 au 23 juin prochains à Saint-Bonnet-de-Joux.

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