L'Allier Agricole 04 juillet 2018 à 11h00 | Par Marie RENAUD

Une ration fraîche et un gain de temps

Grâce à l’acquisition d’un robot d’alimentation, le Gaec de Roover s’épargne le poste de distribution pour ses 120 vaches laitières.

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« Selon les lots et le stade de lactation, la ration ne sera pas la même. Même pour cinq vaches, elle pourra être adaptée. Ensuite, la ration est distribuée plusieurs fois par jour de façon à offrir aux bêtes une alimentation fraiche et fractionnée ».
« Selon les lots et le stade de lactation, la ration ne sera pas la même. Même pour cinq vaches, elle pourra être adaptée. Ensuite, la ration est distribuée plusieurs fois par jour de façon à offrir aux bêtes une alimentation fraiche et fractionnée ». - © AA

Comment gagner du temps ? Comment être plus performant ? Comment optimiser ses productions et son outil de travail ? Toutes ces questions, le Gaec de Roover se les pose au quotidien. À Limoise, Pascal, Marc et Loïc De Roover et leurs cinq salariés tentent de tirer la quintessence de leur outil de travail. Sur 550 hectares (110 ha d’orge, 210 ha de blé, 130 ha de maïs, 65 ha de colza et 35 ha de prairie), le Gaec élève 120 vaches Prim’Holstein pour une production annuelle de 1 200 tonnes, 600 truies (vente de 15 000 porcs par an) et gère une unité de méthanisation de 150 kw pour une production de 1 200 mw par an.

250 000 euros d’investissements

Au printemps 2017, une aide précieuse est arrivée sur l’exploitation : un robot d’alimentation chargé d’assurer l’approvisionnement de toute la partie bovine de l’exploitation. « Nous avons commencé à penser à cela au moment de remplacer notre tracteur qui affichait 14 000 heures et notre mélangeuse. Nous sommes partis de l’idée que notre atelier porcin est entièrement automatisé pour la distribution de la soupe depuis 30 ans », explique Loïc De Roover, en charge de la partie laitière sur l’exploitation. Dès lors, pourquoi ne pas le faire pour les vaches laitières ? « Au Sommet de l’élevage 2015, nous avons fait le tour des marques pour comparer les produits, puis nous avons visité plusieurs exploitations principalement dans le nord de la France pour affiner notre choix. Nous avons signé le devis lors du Sommet de l’élevage 2016 pour six mois d’installation ». Parmi les critères ayant pesé dans le choix du Gaec, la volonté de ne pas avoir à modifier les bâtiments existants. Pour accueillir le robot, la construction de sa « cuisine » a été nécessaire. Coût total de l’investissement incluant le robot, le bâtiment, le bétonnage : 250 000 euros.

Une ration adaptée, fraîche et fractionnée

Plus d’un an après la mise en route du robot, le Gaec ne semble pas regretter son choix. Chaque lundi, mercredi et vendredi, la cuisine du robot est remplie des différentes matières premières nécessaires à l’élaboration de la ration. Puis, tout se joue sur l’écran de l’ordinateur d’où sont réparties toutes les rations, leur composition, l’heure de la distribution, … « Selon les lots et le stade de lactation, la ration ne sera pas la même. Même pour cinq vaches, elle pourra être adaptée. Ensuite, la ration est distribuée plusieurs fois par jour de façon à offrir aux bêtes une alimentation fraîche et fractionnée ». En affinant la ration, Loïc de Rover constate déjà moins de difficultés lors des délivrances et espère, à terme, réduire son Intervalle vêlage-vêlage (IVV) et influer sur la qualité de son lait. La structure peut déjà se satisfaire d’une meilleure qualité de vie « Cela nous offre un confort de travail, sans aucun doute. Il est visible encore davantage le week-end puisque nous remplissons la cuisine le vendredi soir et la distribution se fait durant trois jours, plusieurs fois par jour ».

Une économie d’énergie et de main-d’oeuvre

« Ce robot d’alimentation permet une économie d’énergie, de main-d’œuvre et une meilleure valorisation de l’aliment, résume Anthony Darmet de la concession Jeannet-Débit (Loire) qui distribue notamment ce robot de la marque Jeantil. Nous sommes ici sur une exploitation laitière mais nous pouvons tout à fait imaginer ce type de produit sur une exploitation allaitante ».


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Après les blés et orges, la Chambre d’agriculture proposera aux agriculteurs, au cours de l’hiver prochain, d’ajuster avec précision la fertilisation azotée des colzas avec son drone.
Après les blés et orges, la Chambre d’agriculture proposera aux agriculteurs, au cours de l’hiver prochain, d’ajuster avec précision la fertilisation azotée des colzas avec son drone. - © CA

Après les blés et orges, la Chambre d’agriculture proposera aux agriculteurs, au cours de l’hiver prochain, d’ajuster avec précision la fertilisation azotée des colzas avec son drone.

PILOTER LA FERTILISATION AZOTÉE
DE VOS COLZAS ET CÉRÉALES À PAILLE GRÂCE AU DRONE

Piloter la fertilisation azotée des parcelles de céréales à paille et colzas avec un drone, c’est aujourd’hui possible avec la Chambre d’agriculture de l’Allier. Afin d’innover dans ses Outils d’aide à la décision (OAD) et dans son conseil aux agriculteurs pour leur permettre d’améliorer le pilotage de leur fertilisation azotée, l’organisme consulaire, s’est équipé d’un drone en début d’année. Un investissement d’environ 20 000 (drone, logiciel, formation du pilote) auquel le conseil départemental a participé à hauteur de 11 000 .

Ajuster au mieux les apports en fonction des besoins réels de la culture

L’objectif de cet investissement était de proposer aux agriculteurs « un outil innovant de pilotage dynamique de la fertilisation azotée afin d’ajuster au mieux les apports en fonction des besoins réels de la culture » explique Guillaume Cellier, conseiller à la CA. En effet, les avantages de l’outil sont nombreux : ajuster les plans prévisionnels de fumure en particulier dans le cadre de la zone vulnérable, moduler les apports au sein des parcelles grâce au survol de l’intégralité de la parcelle par le drone et l’établissement de cartes de préconisation, et contrôler la date et le stade de passage.

Cette année, le drone a ainsi été utilisé sur 56 exploitations du département (en partenariat avec les Établissements Jeudy) et sur le département voisin du Puy-de-Dôme (en partenariat avec la CDA 63). Il a survolé 922 ha d’orge et de blé entre fin avril et début mai. Les images collectées ont été utilisées pour fournir des préconisations pour le dernier apport d’azote.

D’autres perspectives sont envisagées pour utiliser le drone dans l’accompagnement des exploitations : repérage des dégâts de gibier sur maïs, conseil fertilisation sur colza et modulation du deuxième apport sur blé et orge. Nous reviendrons sur ces perspectives dans les prochains mois.

CHAMBRE D’AGRICULTURE DE L’ALLIER


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