L'Allier Agricole 23 septembre 2015 à 08h00 | Par M.Renaud

Une sécheresse qui enfonce encore un peu plus le clou ...

Une seconde mission d'enquête sur la sécheresse estivale a eu lieu mercredi 16 septembre dernier. L'objectif était d'évaluer les pertes fourragères durant l'été. Ce constat devrait permettre au département de prétendre au fond de calamités sécheresse dont les aides n'arriveront pas avant mai 2016.

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Le sujet du jour devait être la sécheresse. Pourtant, c'est bien la Fièvre catarrhale ovine (FCO) qui occupait les esprits mercredi 16 septembre dernier lors de la visite de l'exploitation d'Antoine Monce à Saint-Priest-en-Murat.

Des réserves entamées en juin

Son exploitation allaitante (165 vêlages en charolais et limousine) était l'une des huit fermes (*) visitées à l'occasion de la seconde mission d'enquête pilotée par la Direction départemental des territoires (DDT) .Objectif : « Compléter la première phase qui avait eu lieu au coeur de l'été (le 27 juillet dernier, Ndlr) et se faire une idée plus précise des pertes fourragères causées par la sécheresse », résume Delphine Picard, responsable du Service économie agricole et développement rural de la DDT. Sur ce point Antoine Monce sait ce qu'il en est puisqu'il a commencé à nourrir ses bêtes avec du foin dès la fin du mois de juin « d'abord en puisant dans mes réserves de l'année précédente puis en entamant celles de cette année ». L'exploitant estime avoir assez de nourriture pour tenir jusqu'à la fin du mois de janvier environ.

Déficit hydrique

Cette situation plus que tendue est le résultat de plusieurs mois de déficit hydrique : - 50 % en mai, -12 % en juin, - 70 % en juillet et + 20 % en août. Le tout conjugué à des températures caniculaire. « Le pluies d'août ne sont qu'esbroufe, commente Fabrice Paya, directeur adjoint de la DDT elles ont simplement permis de reverdir le paysage mais n'ont pas été suffisantes pour assurer une qualité fourragère dans les prés ». Si la mission d'enquête de fin juillet avait permis de constater une récolte de printemps globalement satisfaisante, les coupes d'été semblaient déjà compromises. « Une impression largement confirmée aujourd'hui puisque les récoltes d'été sont quasi-nulles sur l'ensemble du département », déplore Delphine Picard.

« Pour évaluer les pertes, l'année doit être achevée »

Un rapport d'expertise sera établi à l'issue de ces enquêtes et transmis au ministère de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt pour solliciter l'intervention d'un fonds de secours. Une commission nationale statuera sur la recevabilité de la demande afin de savoir si le département peut être reconnu en situation de calamité agricole. « Pour être reconnu comme tel, il faut justifier une perte fourragère d'au moins 30 % », explique Fabrice Paya. Si tel est le cas, aucune aide n'est à espérer avant le mois de mai 2016. « Il faut simplement comprendre que pour évaluer les pertes, l'année doit être achevée », souffle Delphine Picard, pleinement consciente du délai.

La FCO : « Le coup de grâce »

Et lorsque l'on demande à Antoine Monce comment il peut supporter ces pertes dès aujourd'hui, son visage se creuse : « Nous sommes normalement en train de vendre nos broutards, ce qui permet de renflouer nos trésoreries, mais là ... ». « Cette FCO, c'est le coup de grâce, schématise Yannick Martinet,vice-président de la Chambre d'agriculture. Personne ne va pouvoir supporter un excès de zèle avec un différé de vente des broutards ».

(*) Les fermes visitées lors de cette seconde mission d'enquête sont les même que lors de la première. Zone Est : EARL Beaussaron à Gannat, Duzellier Emmanuel à Ferrieres, Gaec Passe à Le Bouchaud, Laloi Julien à Beaulon. Zone Ouest : Earl du Reuillon à Saint-Priest-En-Murat, Leroux Emmanuel à Chamberat, Mathiaud Sylvain à Cérilly, Brechignac Dominique à Bourbon-L'archambault.

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« Nous n’avons pas l’intention, ni les moyens d’ailleurs, de casser les filières. Ce que nous voulons, c’est revoir les cahiers des charges pour que les éleveurs soient intégrés à la négociation »

Geoffrey Rivaux, président des Jeunes Agriculteurs de l'Allier

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297
producteurs recensés "Bio" dont 39 conversions en 2015 : 14 ateliers bovins viande, 13 ateliers grandes cultures, quatre ateliers légumes, deux ateliers Plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM), deux ateliers ovins, un atelier fruit et un atelier bovins lait.

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