L'Allier Agricole 11 avril 2017 à 08h00 | Par sophie chatenet

Valomac, l'herbe source de valeur-ajoutée

Animé par le Sidam et piloté par le Cluster Herbe, le projet Valomac a pour ambition de consolider les filières des systèmes herbagers du Massif central par une réelle différenciation des produits agricoles et la construction d'un modèle économique viable et équitable.

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Et si le sol sur lequel pâturaient veaux, vaches, moutons recelaient de l'or. Un or vert, cultivé depuis des siècles par des générations successifs de paysans, qui s'éveillent dès la fin de l'hiver pour offrir le meilleur de sa flore aux troupeaux engourdis par l'hiver. La carte postale bucolique pourrait faire sourire si elle n'était pas fondamentalement constitutive d'une réalité implacable : Le Massif central est façonné par des prairies. Et qu'on le veuille ou non, le mode d'élevage qui y est pratiqué, ne sera jamais celui de la Bretagne ou celui des feed-lots américains. Faire de l'herbe, cette culture incompressible et fortement constitutive du Massif central, un argument de valorisation des produits issus de l'élevage, c'est l'ambition du projet Valomac, porté par la profession agricole au sein du Sidam (service interdépartemental pour l'animation du Massif central). La démarche en cours de construction s'appuie sur trois piliers : permettre la reconnaissance des qualités et aménités des produits ; garantir la création de valeur ajoutée et sa répartition équitable entre les maillons de la filière ; et assurer un approvisionnement en adéquation avec les attentes du consommateur. L'idée n'est évidemment pas d'aller vers un cahier des charges trop contraignant, mais de tendre plutôt vers la reconnaissance de l'existant. D'ici 2018, un modèle économique complet devrait être mis sur les rails, impliquant une identité forte, un modèle de gestion, une gamme et des caractéristiques produits.

L'Irlande capitalise déjà sur la prairie

Depuis 2012, l'Irlande s'est engouffrée dans la brèche de la valorisation de ses productions herbagères. Avec des sols fertiles produisant de l'herbe verte et luxuriante où le bétail et les troupeaux d'ovins vont paître en liberté jusqu'à 300 jours par an, l'Irlande disposait déjà de bases solides. Le projet Origin Green a ainsi été lancé par l'office de promotion des produits agroalimentaires irlandais. Au coeur d'Origin Green, une charte de développement durable qui se focalise sur trois domaines : l'approvisionnement en matières premières, les procédés de fabrication et la responsabilité sociétale. Le but est de valoriser l'image verte et naturelle de la filière agroalimentaire pour la promouvoir à l'international. L'argument vert pèse en effet de plus en plus y compris sur les exportations. Quand on sait que l'exportation agroalimentaire irlandais pourrait peser 12 milliards d'euros d'ici à 2020, on mesure d'emblée les enjeux. Dans cette perspective, l'adhésion du gouvernement au projet a été immédiate.

Une fois les animaux dehors, l'essentiel après la phase de transition est de bien gérer l'herbe. Il est important de continuer à apporter du fourrage si nécessaire, et de laisser des pierres à sel aux animaux. Le but d'une mise à l'herbe précoce est de ne pas se laisser dépasser par l'herbe et d'éviter les refus. Il ne faut jamais laisser les épis monter, sous peine de voir cette herbe refusée par les animaux et broyée ensuite. Halte au gâchis !

Conseils

Sachant qu'une herbe de qualité est une herbe feuillue, évitez de faire pâturer des hauteurs d'herbe trop importantes ; la hauteur idéale étant entre 8 et 15 cm . Au-delà, des zones de refus apparaissent ; autant de matière sèche gaspillée à éviter. En revanche, pour la sortie des animaux de la parcelle, il ne faut pas descendre en dessous de cinq centimètres car la pousse serait pénalisée.

Pour avoir des repousses feuillues durant tout le printemps et éviter les refus des herbes trop hautes, l'astuce est simple : faire manger l'épi. Il est donc important de finir le premier tour de pâturage avant les 600°C pour les prairies précoces et 750°C pour les plus tardives, quand l'épi se trouve à 10 cm. Au-delà, les animaux ne voudront plus ingérer les tiges. Aussi, n'hésitez pas à faire tourner rapidement et ne faîtes pas entrer les animaux trop tard dans les dernières parcelles du tour. Pour les parcelles précoces, le tour doit se finir cette semaine.

En ce qui concerne les parcelles déprimées, l'objectif est au contraire de ne pas laisser manger l'épi sous peine de voir diminuer les rendements, surtout dans le contexte particulier de cette année où il faut pour beaucoup reconstituer les stocks en sortie d'hiver. La sortie des parcelles doit se faire autour des 500-550°C, ce qui veut dire que les animaux doivent déjà être sortis des parcelles de foin.

Pourquoi pas le pâturage tournant pour optimiser l'utilisation de ses prairies ?

Le principe est simple : avoir de l'herbe de qualité à disposition en évitant le gaspillage.

- Cinq parcelles pour tourner avec un temps de repos de 21 jours.

- Chargement de 35 à 45 a /UGB au printemps.

 

-> Afin de vous accompagner dans les décisions à prendre pour le pâturage et la récolte de vos fourrages, la Chambre d'agriculture vous informe chaque semaine par le bulletin Info-Prairie.

Basé sur les sommes de températures des stades de développement de l'herbe, et sur des observations et mesures effectuées chaque semaine dans des exploitations de l'Allier, le bulletin vous permet d'avoir des repères pour anticiper et décider des interventions de pâturage et de fauche. Les conseillers élevage de la Chambre d'agriculture restent à votre disposition pour toute question sur ce sujet, au 04.70.48.42.42.

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